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20 Septembre 2017 | 29, Elul 5777 | Mise à jour le 20/09/2017 à 12h11

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Après Charlottesville, la communauté juive américaine sous le choc

Des suprémacistes et des néo-nazis dans les rues de Charlottesville. (wikipedia)

Déroutée, sonnée, sidérée … Deux semaines après les événements de Charlottesville qui ont choqué les Etats-Unis le 12 août dernier, la communauté juive américaine ne s’est toujours pas remise.

Et pour cause : beaucoup ont encore du mal à croire qu’un large rassemblement de suprémacistes et de néo-nazis (le plus important de ces 20 dernières années) ait pu ainsi parader dans la rue, en scandant une série de slogans racistes et antisémites, avant que l’un d’entre eux, James Alex Fields Jr, ne finisse par foncer sur une foule de contre-manifestants, tuant une jeune femme et blessant une vingtaine d’autres personnes. 

Plus tôt, dans la matinée, en plein office de chabbat, les fidèles de la congrégation Beth Israël, la seule synagogue de cette petite ville de Virginie, avaient entendu les suprémacistes défiler sous leurs fenêtres. Certains ont même raconté au Washington Post leur effroi en entendant les manifestants proférer des slogans antisémites, tandis qu’ils se trouvaient à l’intérieur du bâtiment. « Cette synagogue a été menacée d’une manière très grave il y a deux semaines. Cela ne devrait plus arriver en 2017 ! », a déclaré une fidèle au quotidien. 

 La manifestation “Unite the Right” (unifiez la Droite) organisée les 11 et 12 août et rassemblant des militants de l’alt-right, des néo-nazis, des suprémacistes blancs et des membres du Klu Klux Klan, visait officiellement à protester contre le retrait de la statue du Général Robert E Lee, figure sudiste controversée. Ce rassemblement a en fait surtout permis d’accroître la visibilité du mouvement à l’échelle nationale. 


Des slogans antisémites

Preuve de l’inquiétude générée par les événements de Charlottesville, l'Anti-Defamation League a affirmé que les donations qu’elle avait reçues ces derniers jours, avaient été multipliées par 10 depuis les incidents de Virginie. 

Le chanteur Billy Joel a de son côté remué la twittosphère en portant une étoile jaune à la fin de l'un de ses concerts, lundi soir, s'attirant à la fois l'admiration et les critiques des internautes. 

La façon dont le président Donald Trump a géré l’après-Charlottesville a aussi été très critiquée. Celui-ci a en effet estimé que les torts étaient sans doute partagés, entre manifestant suprémacistes et militants antiracistes. Les reproches à son encontre sont venus à la fois de ses opposants mais aussi parfois de son propre camp, et de certains de ses alliés juifs américains. 

Interrogé par la presse, l’ambassadeur américain en Israël David Friedman (qui est pourtant l’un de ses fidèles, et qu’il a nommé à ce poste prestigieux au début de l’année) a ainsi ouvertement regretté la façon dont Donald Trump a réagi à l’incident. « Ce n’était pas bien », a-t-il concédé à la reporter qui l’interviewait. « Mais ces incidents ne reflètent pas non plus qui il est, et ce qu’est le gouvernement américain », a-t-il nuancé. 

Si l’union orthodoxe américaine ne s’est pas engagée sur cette question, trois mouvements non-orthodoxes juifs américains (massorti, libéraux et reconstructionnistes) ont pour leur part affirmé qu'ils boycotteraient l'entretien annuel qui a traditionnellement lieu juste avant les fêtes de Tichri, entre les responsables de la communauté juive américaine et le président. 

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