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20 Septembre 2017 | 29, Elul 5777 | Mise à jour le 20/09/2017 à 12h11

Rubrique France/Politique

La famille Pinto raconte son calvaire: «Nous savons que les Juifs ont beaucoup d'argent. Si vous ne nous donnez pas ce qu'on vous demande, on vous tue »

Roger Pinto invité d'I24 bews dimanche 10 septembre (Capture d'écran I24news).

Dans la nuit du 7 au 8 septembre, le M. Roger Pinto, président de SIONA, ainsi que sa famille, ont subi une violente agression antisémite, à leur domicile situé à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis).

C’était en pleine nuit, la famille est chez elle, dans son pavillon situé à Livry-Gargan en Seine-Saint-Denis. Trois individus s’introduisent par effraction et coupent l’électricité. Ils s’en prennent d’abord au fils du couple du septuagénaire, David, qui sera la première des victimes. Puis au petit matin, ils s’en prennent à la maîtresse de maison. «J'ai d'abord été attrapée puis bâillonnée et comme je me débattais, le premier homme m'a jetée par terre, explique Mireille Pinto, âgée de 72 ans, à RTL. « ll m'a frappée. J'ai vraiment cru qu'il voulait me violer. Le deuxième m'a donné des coups de pied. Et après, il y a tout un déroulé d'événements qui a duré très très longtemps. Pour nous, c'était vraiment une éternité. C'était un événement très traumatisant».

Ils s’en prennent ensuite à son mari Roger Pinto, 78 ans, président de l'association «de défense du peuple juif et de l'État d'Israël». «On m'a donné un coup sur la tête. Je suis tombé et ils sont restés pendant une dizaine de minutes à me taper dessus. J'ai perdu connaissance. Quelques instants après, je me suis réveillé et ils ont commencé par nous dire: “Vous êtes juifs, nous savons que les Juifs ont beaucoup d'argent et vous allez nous donner ce que vous avez. Si vous ne nous donnez pas ce qu'on vous demande, on vous tue”», raconte-t-il.

M. Pinto continue : «Les trois hommes avaient un tournevis et un couteau à la main dont ils nous menaçaient en permanence. Ils nous menaçaient de nous tuer avec. Et ça, c'était insupportable. Ces voyous ont pris nos cartes bleues, ont pris tous les biens que nous avions, les bijoux de mon épouse. Quand nous avons pris conscience qu'ils étaient partis, nous avons téléphoné à la police. Et aujourd'hui, nous sommes dans une situation non seulement de fatigue, mais aussi d'angoisse. Nous sommes complètement bouleversés».

 

Un acte lâche

 La famille a été séquestrée et ligotée plusieurs heures et les trois agresseurs sont partis avec bijoux, argent en espèces et les cartes de crédit de la famille, estimés à quelques milliers d’euros. Le couple traumatisé par le choc de l’agression et les menaces au couteau et au tournevis, a été hospitalisé. Une enquête a été ouverte pour séquestration, vol et extorsion en réunion avec violences et en raison de la religion des victimes. Les trois agresseurs sont toujours actuellement en fuite.

Les autorités n’ont pas tardé à réagir. Dans la journée de dimanche, Place Beauvau s’est exprimé sur cette agression. «Selon les premiers éléments, la motivation de cet acte lâche semble directement liée à la religion des victimes», a dénoncé le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, dans un communiqué. «Tout sera mis en œuvre pour identifier et interpeller les auteurs de cette odieuse agression», a-t-il ajouté, apportant son «profond soutien à la famille et aux responsables des institutions juives de France».

 Dans un communiqué, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a condamné avec force une "agression très violente et antisémite". Pour le Président du Crif, Francis Kalifat, "cet acte odieux est bien la preuve si besoin en est, que les juifs de France sont particulièrement menacés dans la rue et depuis quelque temps au sein même de leur domicile ce qui est encore plus inquiétant". "Après le meurtre atroce de Sarah Halimi chez elle cette nouvelle agression doit conduire les autorités de notre pays à une vigilance renforcée et à des sanctions exemplaires et dissuasives", plaide-t-il.

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