Default profile photo

19 Novembre 2017 | 1er, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Israël

Léonid Edelman : « Les dernières études démontrent que 50% des médecins se disent épuisés émotionnellement et physiquement »

(DR)

Le Professeur israélien Léonid Edelman vient d’être élu président de l’Association Médicale Mondiale (AMM). Une organisation qui représente 122 associations médicales internationales et près de 10 millions de médecins membres. Après avoir fait ses études de médecine à Riga en Lettonie, où il est né, il fait son alyah et passe sa spécialité à l’Hôpital Hadassah à Jérusalem. Cela fait vingt ans que ce grand-père de cinq petits-enfants dirige le département Anesthésie-Réanimation du Centre Médical Rabin de Petach Tikva. Actualité Juive l’a rencontré.

Actualité Juive : Qu’avez-vous ressenti à votre élection ?

Léonid Edelman : Beaucoup d’émotion bien sûr mais aussi une grande responsabilité. J’ai surtout accueilli ma nomination comme un honneur rendu à la médecine israélienne,  une reconnaissance de son excellence. Et surtout la preuve de la confiance que le monde médical international accorde à Israël, notamment à une époque où certains dans le monde médical appelle à le boycotter.


A.J.: Avez-vous été recommandé ou vous êtes-vous présenté ?

L.E. : C’est l’Association Médicale Israélienne, dont je suis le président, qui a proposé ma candidature. J’ai mené contre mon adversaire, un médecin finlandais, une véritable campagne électorale pour convaincre  les délégués de 114 pays, que j’étais le plus à même de relever les défis auxquels le monde de la médecine est actuellement confronté.


A.J.: Quels sont ces défis ?

L.E. : Cela dépend des pays. Mais l’un des plus importants est de pallier à la pénurie de médecins, un phénomène mondial sauf dans les pays scandinaves. 


A.J.: Et en Israël ?

L.E. : Le plus grand problème est le manque de budget destiné à la santé mais aussi la pénurie de médecins et surtout de lits dans les hôpitaux. Israël est en bas du classement des pays de l’OCD en termes de nombre de lits par habitant. 


A.J.: Que doit faire le gouvernement ?

L.E. : D’urgence, augmenter la part du PIB allouée aux dépenses de santé qui est aujourd’hui seulement de 7,4%. Et le nombre de lits. La population israélienne croît de 2% chaque année. Il faudrait ajouter au moins 300 lits par an pour répondre aux besoins. Dernièrement un nouvel hôpital s’est ouvert à Ashdod, c’est bien mais c’est ponctuel. Il faut une politique sur le long terme. Le gouvernement doit davantage financer la médecine publique afin que les malades n’aient pas d’autre choix que de se tourner vers la médecine privée. 


A.J.: Quelles sont les missions de l’AMM ?

L.E. : Promouvoir l’accès aux soins pour tous, exiger des soins médicaux de qualité et respectueux du malade, améliorer la qualité de vie et servir l’humanité avec pour ambition d’atteindre les plus hautes normes internationales en matière, entre autres, d’enseignement de la médecine, de science ou d’éthique médicale. Au cœur de nos inquiétudes, les bombardements d’hôpitaux dans les zones de conflits, comme en Syrie. 


A.J.: Quel est le sujet que vous souhaitez promouvoir en priorité ?

L.E. : Le burn-out des médecins. Les dernières études démontrent que 50% des médecins se disent épuisés émotionnellement et physiquement et cela a fatalement des répercussions sur la qualité des soins prodigués aux malades. 


A.J.: Peut-on vraiment dire que la médecine israélienne contribue au bien-être de l’humanité ? 

L.E. : Bien sûr ! Pas un jour ne se passe sans qu’une start-up ou une société israélienne ne développe une nouvelle technologie de pointe pour déceler des pathologies ou du matériel médical innovant. Pas un jour où un laboratoire de recherche ne met au point un traitement d’investigation ou d’intervention prometteur. Et Israël figure dans le peloton de tête en termes de nombre de publications scientifiques éditées dans les magazines spécialisés internationaux. 

Powered by Edreams Factory