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23 Octobre 2017 | 3, Heshvan 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h53

Rubrique Judaïsme

Shalom Marfud : « Le étrog doit être comme le cœur de l’être humain »

Shalom Marfud et son père le Rav Shlomo Marfud chlita. (Flash90.)

L’étrog, cédrat en français, est avec le loulav, l’hadass et la aravah, l’une des quatre espèces qui composent le bouquet de souccot sur lequel on récitera les bénédictions. Et il est de loin le plus précieux. En effet, Il doit être absolument parfait, de la plus belle forme et sans aucun défaut. Les caractéristiques de l’étrog idéal sont même consignées dans des ouvrages de Hala’ha. Précieux aussi car son prix, vu la rareté des étrogim irréprochables, peut atteindre des sommets, au-delà même de 1 000 euros. Et c’est conscient de cette préciosité, que Shalom Marfud les cultive avec tant de précaution et d’amour sous l’œil de son père, le Rav Shlomo Marfud chlita qui a sa propre cacherout. Actualité Juive l’a rencontré au Moshav Péduim, dans le Néguev, auprès de ses cédrats

Actualité Juive : Quelle est l’origine de l’étrog ?

Shalom Marfud : Il serait originaire du nord-est de l’Inde et du nord de l’Asie du sud-est. A leur retour d’exil à Babylone, les Juifs auraient transporté le cédrat en Eretz Israël. Cependant, des recherches archéologiques ont permis de retrouver des traces de cédrats plus anciennes, non loin de Jérusalem, là où se trouvait jadis un jardin royal perse, qui date de l’époque du premier Temple. 


A.J.: Quelles sortes d’étrog cultivez-vous ?

S.M. : L’étrog yéménite, son origine se trouve au Yémen et il est utilisé surtout par la communauté sépharade. Ils sont gros, non juteux et leur pulpe est épaisse. Autour de ses pépins, il y a des signes talmudiques, des minuscules cavités qui rappellent les Lois relatives à l’agriculture mentionnées dans le Talmud.  Et le Hazon Ich, destiné surtout à la communauté ashkénaze, une espèce d’étrog certifié cacher par le rav et talmudiste lituanien Avraham Yeshaya Karelitz, surnommé le Hazon Ich, au début du 20e siécle.


A.J.: Quel climat est favorable à la croissance du cédratier ?

S.M. : Un climat chaud, ensoleillé et sec, à l’abri des vents froids est préférable. Et il ne supporte pas le gel. C’est pourquoi la majorité des plantations se trouvent dans le Sud d’Israël, dans le désert du Néguev. Par contre il faut les arroser très souvent car il ne pleut pas suffisamment dans la région et le cédratier a besoin de beaucoup d’eau.


A.J.: Que pouvez-vous nous dire sur la culture de l’étrog ?

S.M. : Sa culture est difficile et demande beaucoup de professionnalisme et d’attention. Le cédratier est un arbre plutôt chétif qu’il faut entretenir, chaque jour, pour le protéger des insectes et des maladies. Ses fleurs sont rosées ou violacées et ont de 4 à 5 pétales. Leurs feuilles sont luisantes, longues et légèrement dentelées. Contrairement au citron qui pousse chaque année, l’étrog n’éclot que quatre années après la plantation de l’arbre, une preuve de plus de sa rareté et de sa préciosité. Il peut mesurer jusqu’à 20, voire 25 cm de longueur et être de forme différente même sur une même branche.


A.J.: D’après la Hala’ha l’étrog doit être parfait. A quoi le reconnaît-on ?

S.M. : Il doit être esthétique, avoir une belle forme, n’avoir aucune tâche ni défaut. Il doit être comme le cœur de l’être humain - d’ailleurs il en a l’aspect - propre, pur, plein et lisse. 


A.J.: Comment le préservez-vous avant de le cueillir ?

S.M. : On emploie beaucoup de pesticides, on élimine régulièrement les épines des branches du cédrat afin qu’elles ne fendillent pas les fruits. Et pour protéger les fruits des maladies et des insectes, il faut les arroser au quotidien de pesticides et les attacher un à un alors qu’ils sont sur les branches.  Le moment de la cueillette de l’étrog est également délicat car il faut veiller à ne pas abîmer le fruit faute de quoi il perdrait de sa valeur et de sa pureté. 


A.J.: Combien d’étroguim récolte-t-on chaque année en Israël ? 

S.M. : Environ un million sur près de  100 hectares de cédratiers. Près de 700 000 étroguim sont vendus annuellement sur  le marché israélien et les 300 000 autres sont envoyés vers diverses communautés juives en Europe et dans le monde. 

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