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19 Novembre 2017 | 1er, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Moyen-Orient/Monde

L’accord nucléaire iranien est-il mort ?

La décision de Donald Trump ouvre désormais la voie à de nouvelles sanctions contre l’Iran par le Congrès.

« Le président Trump a simplement créé une opportunité d’arranger ce mauvais accord, de faire reculer les agressions de l’Iran et d’affronter le soutien de la République islamique au terrorisme ». Si le message avait été enregistré avant l’entrée du chabbat, Binyamin Netanyahou s’appuyant sur le document écrit du discours transmis par le Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, on ose imaginer la satisfaction de « Bibi » devant la vigueur exceptionnelle de l’intervention, le 13 octobre, de celui qui le surnomme « mon ami Binyamin ». Affichant sa détermination à faire plier le « principal parrain du terrorisme dans le monde », M. Trump a annoncé une décision ne faisant guère de doutes depuis plusieurs jours, après des fuites dans la presse : après avoir concédé, non sans mal, à le faire il y a trois mois, il refuse désormais de certifier l’accord de Vienne conclu en juillet 2015 pour résoudre la question nucléaire iranienne. Pour certains commentateurs outre-Atlantique, le propos fait figure de discours le plus anti-iranien d’un président américain depuis le fameux discours sur l’axe du mal prononcé par George W.  Bush, en janvier 2002.

« Cet accord permet à l’Iran de continuer à développer certains éléments de son arsenal nucléaire », a affirmé M. Trump. « Le régime iranien a commis des violations multiples de l’accord. Quel est le sens d’un accord qui ne fait que retarder la capacité nucléaire pour une courte période ? ». Selon le New York Times, Rex Tillerson et le Secrétaire d’Etat à la Défense James Mattis auraient convaincu l’ancien magnat immobilier de privilégier cette solution, plutôt qu’une dénonciation définitive du JCPOA (Plan d’action global commun). Accueilli par un satisfecit de l’Arabie Saoudite et les mises en garde des autres pays signataires de l’accord (Russie, Chine, France, Allemagne, Grande-Bretagne), le réquisitoire n’a pas manqué de déclencher les foudres des dirigeants iraniens. 

« Si un jour nos intérêts sont violés ou si d’autres parties refusent de remplir leurs obligations, ils doivent savoir que l’Iran n’hésitera pas et donnera une réponse approprié », a menacé le président Hassan Rohani, dans un discours télévisé, le 13 octobre. Alors que Donald Trump a finalement renoncé à inscrire les Gardiens de la Révolution comme 

« organisation terroriste », au profit d’un ciblage financier via des sanctions du Trésor américain, les querelles de chapelle promettent de repartir de plus belle entre les pro et anti-Rohani, critiques des choix diplomatiques du chef de l’Etat iranien.

Proche de ce dernier, le ministre iranien Mohammad Javad Zarif, négociateur en chef du JCPOA, a indiqué que les acquis iraniens « dans le domaine balistique ne sont en aucune manière négociables ». Outre le nucléaire, Washington cherche en effet à contenir le programme de missiles développé par Téhéran, une préoccupation que partage Jérusalem. Les milieux militaires israéliens, rassurés par le durcissement de la ligne américaine contre l’Iran depuis le départ de Barack Obama, ne souhaitent pas néanmoins une révocation de l’accord qui pourrait dégénérer en déstabilisation périlleuse de l’ensemble du Moyen-Orient. 

Que va-t-il désormais se passer ? La Maison Blanche a malicieusement transmis la balle au Congrès à qui il revient désormais, sous quatre-vingt-dix jours, de réexaminer l’accord de 2015 et d’imposer d’éventuelles nouvelles sanctions relatives aux activités balistiques iraniennes, ce qui en signerait la mort. Requérant le soutien au Sénat d’au moins six démocrates, favorables dans l’ensemble au maintien du statu quo, cette option semble improbable. Une grande attention est désormais portée au projet de loi sur lequel travaille le sénateur du Tennessee, Bob Corker, et qui prévoirait le rétablissement automatique de sanctions dans le cas suivant : l’estimation par les Etats-Unis que l’Iran dispose des moyens de développer une arme nucléaire en moins d’un an. 

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