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16 Décembre 2017 | 28, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique Communauté

La responsabilité de chacun d’entre nous

(Wikipedia)

Un courrier de Jérémie Berrebi

Le peuple juif se compose depuis toujours d’une jeunesse extraordinaire. 

J’ai la chance de passer beaucoup de temps avec cette jeunesse exceptionnelle, de lui parler, de l’écouter, de la motiver, et de lui donner le courage de représenter à chaque minute, un Judaïsme positif, porteur de sens et de valeurs dans un monde qui a tant de mal à en trouver. Nous vivons aussi à une époque formidable. Toutefois, il faut être honnête. En 5778/2017, nos synagogues ne sont pas assez remplies et leur audience vieillit. Nos centres d’études ne sont pas assez fréquentés par des hommes, des femmes et des enfants qui pourraient y étudier régulièrement. 

Beaucoup d’entre nous, déjà fidèles, ont aussi une grande part de responsabilité dans cette désaffection. Beaucoup ne savent pas attirer leurs amis/voisins ou accueillir à bras ouverts notre jeunesse, gardienne des générations futures. 

En pénétrant dans une synagogue ou un Beth Hamidrach, ces jeunes entrent souvent dans un monde inconnu, mystérieux, où ils entendent des mots qu’ils ne comprennent pas, écoutent des gens prier avec une facilité si  déconcertante qu’ils peuvent se sentir injustement exclus de leur propre peuple dont ils ne connaissent pas les pratiques.

 Nombreux Juifs fréquentent les synagogues quasiment uniquement à l’occasion d’une Bar Mitzva, des fêtes ou d’un deuil. Ils passent très occasionnellement la porte, et c’est à ce moment-là qu’il faut les aider à rejoindre notre si beau navire dont ils aimeraient tant faire partie s’ils savaient comment s’y prendre. 

 Il faut leur offrir un grand sourire de bienvenue, les présenter au Rav de la communauté, leur montrer une place libre, donner un Sidour, les guider dans leur prière et, s’ils sont des hommes Bar-Mitzva, leur montrer comment mettre leur Talit ou leurs tefilines (si c’est en semaine). 

 Il faut en fin d’office leur montrer une place libre et leur dire que cette place les attend chaque jour de la semaine. 

Il faut leur communiquer leurs horaires puis leur parler des cours de Torah organisés par la communauté ou en dehors, et les encourager à les suivre quel que soit leur niveau (idéalement en les accompagnant).

 Les responsables communautaires, quant à eux, doivent couvrir leurs murs de bibliothèques de livres de Torah sur tout sujet en français, limiter le temps de l’office, ne pas faire monter à la Torah trop de monde pendant que les autres attendent, et ceci, même si « la famille du Bar-Mitzva » le demande. 

 Nos jeunes ont besoin de chaleur, de contenu réel et de messages de Torah plus forts que le vide des réseaux sociaux où ils se perdent sans se retrouver. Réduire d’une heure une longue Tefila et rajouter une heure d’étude est bien plus efficace pour transmettre les valeurs d’Hachem.

 Aucun d’entre nous, quel que soit son impatience ou son âge, et en aucune circonstance, n’est en droit de faire la moindre réflexion désagréable à ces jeunes sans prendre conscience de son énorme part de responsabilité dans l’abandon de notre si beau navire.

 Si nous prenons tous à cœur cette formidable mission, nous aurons dans quelques années un Judaïsme si jeune et resplendissant que nos nombreuses synagogues et centres d’études ne suffiront plus à contenir les fidèles.     


Jérémie Berrebi

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