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19 Novembre 2017 | 1er, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Judaïsme

Parachat ’Hayé Sarah : Entre père et fils

L'enterrement de Sarah (GUSTAVE DORÉ)

Lorsque la Thora fut donnée, elle le fut sur de la pierre ˆba, en hébreu. Or, ce mot peut se décomposer en deux mots : ba puis ˆb qui respectivement signifient père et fils. En trois lettres d’un mot insignifiant, la langue hébraïque exprime le fondement sur lequel repose l’éducation juive : sans Thora, une relation harmonieuse et constructive est impossible entre un père et son fils. Un verset de notre paracha nous le démontrera.

L’un des problèmes, aujourd’hui, les plus douloureux de la famille juive (et de la famille en général) c’est la décomposition du lien entre parents et enfants. Les siècles précédents donnaient de la famille l’image de l’unité entre les générations. La morale, la religion ou les traditions culturelles permettaient de consolider le lien entre les époques et les hommes. Comment ce lien était-il consolidé ? Par la transmission. Un père et une mère guidaient leurs enfants par des conseils, par un modèle de comportement ou par des directives vertueuses. Puis, en quelques décennies, cet édifice s’est effondré sous le poids de deux facteurs : la laïcité et la technologie non contrôlée. Le résultat est effrayant : le dialogue entre générations est devenu quasi inexistant puisque la télévision, Internet, les portables et les tablettes isolent parents et enfants, les uns des autres. Sans parler de la fonction même de l’éducation puisqu’il suffit de quelques clics pour apprendre, se renseigner ou comprendre. Dès lors, à quoi peuvent servir un père ou une mère ?

Un ciment pour les générations

Cette détérioration de la famille vient bien mettre en avant la valeur de la Thora comme ciment de générations. Elle permet à un homme de montrer le chemin d’une voie droite sur laquelle son enfant donnera un sens à sa vie et cherchera constamment à améliorer ses comportements. Un échange sera possible puisque le père donnera et l’enfant écoutera pour devenir meilleur, conscients, tous deux, que le message de la Thora a pour origine un monde qui les dépasse. Mais plus encore, l’accent doit être mis sur le fait que la Thora est un bien commun qui, de ce fait, favorisera le dialogue et l’attachement de l’un à l’autre.
 
Une sainteté exceptionnelle

Et c’est cette idée que Rachi vient souligner dans notre paracha. Lorsqu’Eliezer partit chercher une épouse pour Its’hak, un verset nous apprend qu’il avait, dans sa main, tout le bien de son maître et Rachi de préciser : Avraham avait rédigé au profit de Its’hak un acte de donation de tout ce qui lui appartenait afin que les parents (de la jeune fille) s’empressent de lui donner la future femme de Its’hak (1). Nous avons là un merveilleux enseignement relatif à l’éducation et plus précisément à l’engagement de chaque parent pour l’avenir de son enfant. A cette époque Its’hak avait 37 ans. Il avait atteint, après l’épreuve du sacrifice, un degré de sainteté exceptionnelle qui lui avait conféré le statut de « Ola témima », un sacrifice élevé. De plus, comme Rachi (2) le relève, il avançait à l’unisson avec Avraham : tous deux gravissaient les échelons de la spiritualité en parfaite symbiose. Et malgré cette stature spirituelle, Avraham continuait de se soucier de son fils pour construire sa vie future, au point de lui donner tous ses biens. L’assurance est donnée, garantissent nos Maîtres, que tout effort dans le service de D.ieu donnera de bons fruits.

Notes
(1)  Béréchith, chap. 24, verset 10
(2) Béréchith, chap. 22, verset 8

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