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11 Décembre 2017 | 23, Kislev 5778 | Mise à jour le 10/12/2017 à 13h04

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique Judaïsme

Parachat Toldoth : Un signe pour l’humanité

Crédit : GUSTAVE DORÉ

Décrypter les personnages de la Thora ne consiste pas seulement à disséquer leur stature morale ou spirituelle. C’est bien plus que cela. Chez eux tout est unité ! C'est-à-dire que l’on retrouvera le même fil conducteur dans leurs faits et gestes, dans leur philosophie de la vie et dans chaque trait de leur personnalité. Cette idée est donnée en allusion par le Rambam (Maimonide) dans ses Lois des Rois (1)

Retraçant les étapes de l’élaboration de la loi juive, il nous apprend que l’origine du Maasser se trouve chez Its’hak, le second patriarche comme nous l’indique notre paracha (2). Qu’est-ce que le Maasser ? C’est une mitzva qui consiste à prendre 10% de sa production agricole pour la donner à des nécessiteux et c’est ce qui fit le patriarche. Le Raavad, l’un des plus grands commentateurs du Rambam, s’étonne de cette référence. Pourquoi citer Its’hak pour l’origine du Maasser alors que Avraham, son père fut le premier à accomplir cette mitzva ? (3)  


Changer sa personnalité


Pour comprendre la préférence que le Rambam donne à Its’hak, il faut revenir sur la différence de spiritualité entre Avraham et son fils Its’hak. Avraham était l’homme du don. C’est lui qui, le premier, fit descendre sur terre l’idée du monothéisme. Il diffusa autour de lui, même chez les hommes le plus incultes, le concept de la divinité. Le Midrach affirme que l’attribut de ’Hessed (la bonté) vint se plaindre devant D.ieu pour dire qu’il n’avait plus besoin d’être sur terre puisqu’Avraham accomplissait ce pour quoi il existait : par sa générosité envers les hommes, Avraham était la bonté incarnée. En d’autres termes, son travail consistait à faire descendre les lumières d’En haut vers le Bas. Son fils, Its’hak avait une toute autre démarche : il opérait une transformation du Bas pour l’amener vers le Haut. Alors qu’Avraham faisait découvrir D.ieu aux hommes, Its’hak exigeait d’eux qu’ils changent leur personnalité pour s’élever vers le Créateur. Plusieurs versets de notre paracha nous rapportent qu’ Its’hak creusait des puits, une activité qui épouse ce principe. Creuser des puits signifie, en effet, retrouver sous la terre une source d’eau pour la faire remonter à la surface (du bas vers le haut). 


Le conseil de Jacques Attali 


En tenant compte de ces données, on peut comprendre pourquoi le Rambam relie le Maasser avec Its’hak. Cette mitzva consiste à prendre des biens matériels, comme des végétaux ou de l’argent, pour en extraire une partie qui sera (élevée et) consacrée à D.ieu à l’instar du travail d’Its’hak qui raffinait la matière pour en faire une donnée spirituelle. Mise à part la portée spirituelle de ce geste, on peut facilement imaginer sa portée économique dans la gestion de la société. Il y a de cela quelques années, l’économiste Jacques Attali avait expliqué que si chacun donnait 10 % de ses revenus, on pourrait arriver à éradiquer la pauvreté à l’échelle mondiale. Là encore on voit la portée universelle de certains commandements de notre sainte Thora, capables d’apporter un souffle de vie rédempteur à toute l’humanité par un simple geste de bonté. 


Notes

(1)  Michné Thora, Lois des Rois, chap. 9, paragraphe 1

(2) Parachath Toldoth, chap. 26, Rachi sur verset 12

(3) Après la guerre contre les quatre rois, parachath Lè’h lé’ha, chap.14, verset 20

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