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11 Décembre 2017 | 23, Kislev 5778 | Mise à jour le 10/12/2017 à 13h04

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique Moyen-Orient/Monde

L'ombre iranienne au-dessus d'Israël

Saad Hariri, le chef du gouvernement libanais démissionnaire (wikipedia)

Démission surprise du Premier ministre libanais, peur des Druzes d'Israël pour leurs frères de Syrie, nouvelle idylle entre le Hezbollah et le Hamas palestinien; les événements de ces derniers jours confirment que pour Israël, il ne faut pas relâcher la vigilance face à l'Iran.

L'imminence de la fin du conflit civil syrien entraîne des développements à première vue surprenants. En promettant de voler au secours des Druzes du Golan syrien, Israël a calmé ses citoyens druzes, mais s'est aussi placé en allié inattendu du régime d'Assad et du Hezbollah. Le 3 novembre, un attentat suicide des djihadistes sunnites du Front al Nusra frappait le village druze syrien de Khader, à quelques kilomètres de la frontière israélienne. Les Druzes d'Israël se mobilisaient aussitôt pour secourir leurs parents syriens et Tsahal a eu bien du mal à les arrêter, alors que certains s'étaient déjà engagés dans le no man's land qui sépare les deux pays. Une réunion entre officiers supérieurs de Tsahal et dignitaires de la communauté druze a fini par calmer les esprits en échange d'une promesse : celle d'intervenir en dernier ressort par des tirs d'artillerie, de blindés et de l'aviation pour empêcher l'invasion du village druze syrien. « Nous sommes toujours aux côtés de nos frères druzes », avait même assuré Binyamin Netanyahou. Une réaction dictée par la volonté d'étouffer dans l'œuf tout risque de briser le consensus avec la communauté druze israélienne, même au prix d'un engagement qui pourrait servir les intérêts d'Assad et donc de l'Iran, puisque les Druzes syriens sont considérés comme des partisans du régime de Damas.

La démission surprise, vingt-quatre heures plus tard, du Premier ministre libanais sunnite est encore à mettre au compte des effets de l'influence de l'Iran sur la région. Saad Hariri, qui a fui en Arabie Saoudite pour ne pas subir le sort de son père, assassiné en 2005 par le Hezbollah, a publiquement accusé l'Iran, via le mouvement chiite, d'avoir créé un Etat dans l'Etat libanais. Un constat connu depuis longtemps, mais jamais encore exprimé aussi clairement par le chef du gouvernement libanais. « L'Iran a étendu son emprise sur les pays de la région (…). « Le Hezbollah est le bras armé de l'Iran, et pas seulement au Liban », a accusé Saad Hariri. Un réquisitoire aussitôt salué par le Premier ministre israélien : « La démission du chef du gouvernement libanais est un appel à la communauté internationale à agir contre l'agressivité iranienne et à empêcher la Syrie de devenir un second Liban. Cette agressivité ne met pas seulement en danger Israël, mais le Proche-Orient tout entier ». 


Conserver sa branche armée

L'Iran ne cherche d'ailleurs pas à dissimuler ses ambitions. C'est par l'intermédiaire du Hezbollah qu'il compte également rallier le soutien du Hamas à Gaza. Hassan Nasrallah a reçu la semaine dernière Salah al Arouri, le numéro 2 du mouvement islamiste, en exil à Beyrouth. Le chef de la milice chiite libanaise lui a promis l'engagement du Hezbollah « au côté de la résistance palestinienne dans leur guerre commune » contre Israël. Deux semaines plus tôt, le chef du Hamas Yahya Sinouar, en visite à Téhéran avait déjà affirmé que l'Iran était devenu le premier soutien financier de son organisation. Ce qui confirme encore l'objectif du Hamas : abandonner ses responsabilités politiques à Gaza et conserver sa branche armée, sur le modèle réalisé par le Hezbollah au Liban. La carte régionale devient de plus en plus difficile à lire dans les détails, même s'il suffit d'un zoom arrière pour constater que l'ombre qui plane est plus que jamais celle de l'Iran. 

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