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15 Décembre 2017 | 27, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique Régions

Le CRIF Marseille-Provence s’intéresse au terrorisme

Omar Djellil , Clement Yana, Gilles Benheim, Philippe Coen et Scott Sayare.

La 6e convention du CRIF Marseille-Provence s’est ouverte ce 19 novembre 2017 dans la prestigieuse Villa Méditerranée en présence d’orateurs triés sur le volet sur le thème : « Le Terrorisme : la France est-elle une cible privilégiée, pourquoi ? ».

Un sujet d’actualité pour lequel, Bruno Benjamin président du CRIF Marseille-Provence s’est adjoint le concours du groupe de réflexion de la commission « Colloques et Vigilance » du CRIF. Unis, ils ont proposé trois grandes conférences-débats, et un entretien croisé qui ont soulevé des questionnements autour du terrorisme, des lois antiterroristes, du dispositif judiciaire, de la laïcité et de la radicalité. Quels sont les moyens mis en place par les pouvoirs publics pour éradiquer le terrorisme ? Comment dialoguer avec l’Islam ? C’est Olivier de Mazières, préfet de Police des Bouches-du-Rhône qui prendra la parole le premier en décrivant l’état de la menace et du dispositif sécuritaire. « Nous déplorons 241 victimes du terrorisme depuis janvier 2015 en France ». Puis il mettra l’accent sur les menaces possibles avec en priorité la crainte des returnees (les revenants) et conclura sur la méthode de surveillance mise en place en juillet 2015 pour repérer les individus susceptibles de passer à l’acte. Dans son sillage la séance plénière du matin a mis en lumière les mécanismes qui peuvent entraîner des individus à se radicaliser. Philippe Coen président fondateur de Respect Zone peu connu du grand public sera convaincant en expliquant son travail sur les réseaux sociaux afin de détecter les porteurs d’abus et d’extrémisme, Plus loin dans l’après-midi la séance tenue par le journaliste Paul Amar a fait salle comble. Ce dernier soulèvera la question de savoir si la France était en mesure d’éradiquer le terrorisme. Pour Manuel Valls ancien Premier ministre et député « la France est armée pour le faire mais la société française doit rester vigilante ». Georges Fenech, ancien magistrat, a proposé d’améliorer le dispositif juridique. Et enfin Fabrice Labi, avocat des parties civiles au procès d’Abdelkader Merah s’insurgea contre le manque d’intérêt de la société française pour ce procès. Si les premières séances plénières se sont déroulées normalement, un silence de mort est tombé sur l’amphithéâtre lorsque, dans la dernière séance animée par Clément Yana ancien président du CRIF, Omar Djellil présenté comme un
« repenti » lança : « Si mon maître spirituel, m’avait dit de vous abattre, je vous aurais tous abattus ». Des propos exprimés par Omar pour souligner comment la radicalité pouvait transformer un individu. Impliqué auparavant dans une lutte contre Israël et les juifs, l’homme a changé et prône aujourd’hui un dialogue fraternel avec la communauté juive. Notamment avec le CRIF et son président avec qui il partage une association commune de rapprochement entre juifs et musulmans par le sport. En termes de radicalité, l’intéressé a ajouté : « Il faut faire de la dépollution idéologique, c’est là où le combat doit être mené ». En clôture le président du CRIF Bruno Benjamin a noté : « Vos interventions nous ont permis de mieux cerner la difficulté que nous vaincrons avec tous les démocrates épris de liberté, pour que la vie soit le chemin qu’emprunteront nos enfants et les générations futures ». Une 6e convention riche et instructive qui ouvre de vraies passerelles pour l’avenir.

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