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11 Décembre 2017 | 23, Kislev 5778 | Mise à jour le 10/12/2017 à 13h04

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique Communauté

Joël Mergui : « Faire face aux enjeux avec un Consistoire fort et uni »

(DR)

Actualité Juive : Quel est votre sentiment à l'issue de ce scrutin ?
Joël Mergui :
Deux mots me viennent spontanément à l’esprit : reconnaissance et responsabilité. Le premier parce que je suis heureux que le travail qui a été effectué ces dernières années ait été reconnu et d’une certaine façon validé et encouragé. Reconnaissant aussi vis-à-vis des électeurs qui m’engagent davantage encore pour faire toujours plus et mieux avec l’objectif d’améliorer notre belle institution, de la faire évoluer au plus proche des besoins de ses usagers quotidiens.
   Les administrateurs élus en 2013 et celles et ceux qui viennent de l’être forment le nouveau conseil de l’ACIP. Tous sont formidables. J’en aime les personnalités, toutes fortes, leurs parcours de vie communautaire et professionnelle et surtout la qualité de leur engagement au service du collectif. Je tiens, comme les nouveaux élus l’ont fait, à mettre l’accent sur l’action exemplaire de Jack-Yves Bohbot et de David Amar qui ont su endosser et défendre le bilan de ma mandature et conduire avec brio cette liste du renouveau en la renforçant du poids de leur expérience !  C’est une chose de dire : « il faut faire ceci ou cela », c’en est une autre d’endosser la responsabilité de le faire, d’assumer des espoirs et de produire concrètement le changement qui n’est, bien sûr, jamais sans conséquence ! Partager un même point de vue, une même volonté d’œuvrer dans une direction commune sans s’éparpiller et sans se diviser est un formidable atout de réussite et d’efficacité à mes yeux.

A.J.: Comment expliquez-vous la faible mobilisation de la communauté ?
J.M. :
Le taux d’abstention traduit une réalité plus complexe qu’il n’y paraît. Il y a un net paradoxe entre le foisonnement de la communauté, le dynamisme de la vie juive et la participation aux élections. Plusieurs facteurs l’expliquent, à commencer par l’Alyah. Lorsque 15. 000 juifs impliqués quotidiennement dans la vie des communautés quittent la France, on perd autant de votants. Nous avons certes réussi à compenser les départs en recrutant de nouveaux adhérents mais il faut du temps pour s’impliquer, devenir à son tour un acteur et décider de l’avenir communautaire.
Vous remarquerez aussi que la mobilisation a affecté non seulement le nombre d’électeurs mais aussi le nombre de candidats, 25 au lieu des 50 habituels. Or, chaque candidat est en général leader d’une communauté qui souhaite son élection et chacun peut compter sur un cercle de 50 à 100 personnes qui voteront pour lui. Diminuez de moitié le nombre de candidats et de communautés impliquées et mathématiquement le nombre d’électeurs diminuera d’autant !
Un scrutin, c’est la possibilité d’opérer un changement et donc de sanctionner des politiques d’action ou des administrateurs. L’abstention et le plébiscite des candidats « Osons le judaïsme » montrent que les électeurs ont refusé de sanctionner parce qu’ils sont sinon satisfaits, convaincus que les changements réclament un temps long qu’il faut prendre le temps d’installer. Quand les choses ne vont pas, on le dit haut et fort sinon c’est une approbation tacite. Mais ce que je retiens surtout c’est la maturité des électeurs qui n’ont pas hésité à conduire aux plus hauts postes de direction des jeunes et 10 femmes et ça c’est vraiment extraordinaire, assez pour servir d’exemple !

A.J.: Ce succès électoral vous conforte pour l'élection de la présidence début 2018. Quelle est votre feuille de route ?
J.M. :
Les enjeux sont nombreux mais tous nécessitent d’y faire face avec un Consistoire fort et uni, rassemblé derrière un seul objectif : défendre les juifs et le judaïsme, élargir notre offre de services à destination de tous, faciliter et améliorer toujours plus le quotidien de la vie juive et son accès. Le Centre Européen du Judaïsme sera pour cela un formidable levier, un moyen moteur de redynamisation de notre culture et de nos méthodes de travail en même temps qu’il nous permettra d’innover, de faire éclore des talents et d’incuber de nouveaux projets. Nous sommes au cœur d’une pleine mutation et d’une restructuration du Consistoire dont l’objectif est de pouvoir davantage, plus efficacement et solidairement servir la communauté en faisant entrer de plain-pied notre institution dans le XXIe siècle.
   Le Centre Européen du Judaïsme nous ouvre des perspectives de modernisation, d’organisation et de développement auxquelles nous n’aurions pu accéder autrement. Nous n’avons pas seulement construit un bâtiment ambitieux pour la communauté, nous nous sommes donné les moyens de notre avenir ! Il faut élargir notre vision, le patrimoine du judaïsme français ne se réduit pas à l’immobilier, à nos magnifiques synagogues. Que serait la plus belle des synagogues vide, sans aucun juif ni rire d’enfant sinon le musée d’un judaïsme disparu ? Notre vrai patrimoine est vivant, il est la vie juive même. Le vrai patrimoine du judaïsme est porté par des juifs dont la vie juive rayonne au quotidien dans toutes les directions et c’est cette dimension que le Centre Européen du Judaïsme a l’ambition d’élargir et d’offrir au plus grand nombre.

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