Default profile photo

17 Décembre 2017 | 29, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique France/Politique

Netanyahou invité du médiateur Macron

Binyamin Netanyahou lors de sa dernière visite le 16 Juillet 2017

Le Premier ministre israélien sera reçu à l’Elysée dimanche 10 décembre.

Semaine diplomatique chargée pour Emmanuel Macron. Le chef d’Etat français est attendu mercredi 6 décembre en Algérie et le lendemain au Qatar, deux déplacements dominés par la lutte contre le terrorisme et le développement des relations économiques. Dimanche, c’est avec Binyamin Netanyahou qu’il déjeunera à partir de 14 heures. Le Premier ministre israélien rencontrera pour la seconde fois M. Macron depuis son élection à la présidentielle, après sa participation aux cérémonies du souvenir de la Rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet dernier. Il rejoindra ensuite Bruxelles où il doit assister au sommet des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, le 11 décembre. 

   Cette « discussion intense sur les problèmes régionaux », selon l’ambassade de France en Israël, interviendra dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient. Partout, Paris joue la carte de la médiation. A Doha, M. Macron évaluera avec l’émir Tamim Ben Hamad les moyens de faire baisser la température avec l’Arabie Saoudite, engagée dans un blocus diplomatique contre la monarchie qatarie. Le 9 novembre, le président avait mené une visite éclair à Riyad pour rencontrer le prince héritier Mohammed Ben Salman, sur les conseils de son plus proche allié, le prince héritier émirati Mohammed Ben Zayed, selon ABC News.  

   Dans un autre dossier, l’activisme français pour trouver une issue à la crise politique au Liban a produit quelques résultats. Le 5 décembre, le premier ministre sunnite Saad Hariri a indiqué renoncer à démissionner, un mois après sa fracassante déclaration télévisée à Riyad. Au pic de la crise, M. Macron avait rapidement œuvré pour convaincre les Saoudiens, aux côtés des Américains, de trouver une porte de sortie et permettre à M. Hariri de rejoindre son pays, via Paris. Le chef de gouvernement sunnite retrouvera la capitale vendredi 8 décembre pour participer à une réunion de soutien au Liban, en compagnie de dirigeants internationaux désireux de « soutenir un processus politique dans un moment crucial », selon le Quai d’Orsay. 

   La crise est-elle soldée pour autant ? On peut en douter et le sujet sera évidemment au menu de la rencontre franco-israélienne du week-end prochain. Dans un communiqué publié dans la foulée de la conversation téléphonique du 19 novembre, entre MM. Macron et Netanyahou, en pleine crise « Hariri », l’Elysée indiquait que le chef d’Etat français avait « rappelé la nécessité de préserver la stabilité et la souveraineté du Liban et de soutenir la politique libanaise de dissociation des conflits régionaux », avant d’insister sur le nécessité de « travailler collectivement à une baisse des tensions ».  La 10e chaîne de télévision israélienne avait rapporté par la suite une version plus précise de la discussion. 

   - Netanyahou : « Il m’importe peu de savoir qui est le Premier ministre libanais ou ce qui se passe en matière de politique intérieure là-bas. Ce qui m’inquiète est le renforcement du Hezbollah grâce au soutien de l’Iran. L’essentiel est que l’ensemble des factions au Liban travaillent pour empêcher le Hezbollah de s’approvisionner en armements perfectionnés supplémentaires. L’objectif doit être de réduire l’influence iranienne, pas seulement au Liban mais aussi en Syrie. Israël a essayé jusqu’ici de ne pas intervenir dans ce qui se passe en Syrie. Mais après la victoire de l’Etat islamique, la situation a changé parce que les forces iraniennes ont pris le contrôle ». 

   Le Premier ministre israélien explicite alors ses intentions militaires à son homologue français avec lequel les relations sont cordiales. 

   - « A partir de maintenant, Israël voit les activités de l’Iran en Syrie comme une cible. Nous n’hésiterons pas à agir si nos besoins sécuritaires requiert d’agir ainsi ». 

Inquiet des conséquences d’une montée des tensions incontrôlable entre Jérusalem et Téhéran au Proche-Orient, M. Macron tente de rassurer son interlocuteur.

   - « Je conviens avec vous que l’influence de l’Iran et du Hezbollah en Syrie et au Liban doit être réduite. Mais la stabilité du Liban doit être maintenue. Une action prudente est requise, pas une action précipitée ». 

   Le président français a également réaffirmé, au cours de cet échange, son soutien à l’accord international sur le nucléaire iranien, objet de critiques régulières du gouvernement Netanyahou. Le récent durcissement des déclarations publiques des autorités françaises contre les ambitions stratégiques iraniennes participe néanmoins de la bonne entente entre Paris, Jérusalem mais aussi Riyad. Lundi, c’est le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui soulignait, au côté de son homologue allemand, Sigmar Gabriel, « la nécessité pour l’Iran de revenir sur son programme balistique et revenir sur une tentation hégémonique ». 

   Un dernier sujet, explosif, pourrait animer une partie du déjeuner sous les ors de l’Elysée : l’annonce du transfert de l’ambassade américaine vers Jérusalem. Emmanuel Macron a fait part à Donald Trump de sa « préoccupation » lors d’un échange téléphonique, le 4 décembre, ajoutant que « la question du statut de Jérusalem devra être réglée dans le cadre des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens ». 

Powered by Edreams Factory