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22 Avril 2019 | 17, Nisan 5779 | Mise à jour le 17/04/2019 à 17h44

Rubrique Israël

Jérusalem et les Etats-Unis, une histoire tumultueuse

13 septembre 1993. Yitshak Rabin, Bill Clinton et Yasser Arafat sont réunis pour les accords d’Oslo. (DR)

En reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël, Donald Trump rompt avec des décennies de diplomatie américaine. En effet, bien que Washington soit depuis la guerre des Six jours de 1967, le principal allié de l’Etat hébreu au Proche-Orient, il s’est toujours montré plutôt hésitant à prendre position ouvertement sur le statut de la ville sainte.

Le sujet du statut de Jérusalem figure clairement au menu des célèbres négociations d’Oslo en 1993. Mais la question demeure tellement sensible qu’elle ne sera finalement pas incluse cette année-là dans les accords historiques israélo-palestiniens signés par Yitshak Rabin et Yasser Arafat, en présence du président américain Bill Clinton à Washington. 


Le tournant du « Jerusalem Embassy Act » de 1995


Deux ans plus tard, en revanche, une initiative bipartisane du congrès américain relance la question du statut de Jérusalem et de sa reconnaissance en tant que capitale d’Israël par les Etats-Unis. Une loi est finalement adoptée à une large majorité par le Sénat (93 votes pour, 5 contre) et la Chambre des représentants (374-37). Le Jerusalem Embassy Act affirme que « la ville de Jérusalem est depuis 1950 la capitale de l’Etat d’Israël ». Il demande également à ce que Washington déménage l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. 

Pour des raisons de « sécurité nationale » le texte prévoit toutefois la possibilité d’un système de dérogation permettant au président des Etats-Unis de maintenir l’ambassade à Tel Aviv. Seule condition : la signature d’une demande spéciale, appelée « waiver » par l’administration américaine, renouvelable tous les six mois. 

Depuis le vote du Jerusalem Embassy Act, tous les présidents américains en fonctions, de Bill Clinton à Barack Obama en passant par George Bush, ont scrupuleusement renouvelé cette dérogation, afin d’éviter d’avoir à engager les Etats-Unis sur l’épineuse question du statut de Jérusalem. 

Alors qu'il avait promis le déménagement de l’ambassade américaine, tout au long de sa campagne présidentielle, aussitôt qu’il serait élu, Donald Trump a lui-même signé, à contre-coeur, l’une de ces dérogations en juin dernier, six mois après le dernier « waiver » du président américain Barack Obama, le 1er décembre 2016. 


Une reconnaissance assortie de précautions

« A l'époque son gendre, Jared Kushner, à la tête de l’initiative de paix de Donald Trump, avait estimé qu’un déménagement de l’ambassade pourrait gêner l’effort (américain au Proche-Orient), avant même que l’administration n’ait eu le temps d’établir des relations dans la région », expliquait récemment le New York Times. 

 Pressé par ses soutiens, dont notamment le milliardaire américain Sheldon Adelson, de reconnaître enfin Jérusalem, Donald Trump s’est finalement décidé à franchir le pas en décembre. Non sans prendre un certain nombre de précautions : bien qu’il ait reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, le président américain a encore une fois signé (sans le mentionner publiquement) une nouvelle dérogation de six mois. 

Une nécessité selon la Maison Blanche qui estime que le déménagement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem et sa sécurisation devrait prendre plusieurs années.

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