Default profile photo

22 Octobre 2018 | 13, Heshvan 5779 | Mise à jour le 17/10/2018 à 18h03

Rubrique Régions

Christophe Castaner : « Aujourd’hui, les idées du FN peuvent être totalement banalisées »

Christophe Castaner, Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement et délégué général de « la République en Marche »

Invité d’honneur du diner du CRIF, présidé par Me Jérôme Culioli, Christophe Castaner a accepté de répondre à nos questions.

Actualité Juive : Que pensez-vous de la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël ?

Christophe Castaner : La proposition du président américain s’est faite en étant un peu « seul au monde », en tournant le dos  à ses partenaires. Ce n’était pas, à mon avis, nécessaire. Et sur le fond, la position de la France est celle de la reconnaissance de deux États : l’État d’Israël, en pleine sécurité - et la pleine sécurité n’est pas acquise aujourd’hui - mais aussi la reconnaissance d’un État pour la Palestine. Et donc, aujourd’hui, cette mesure qui crée de la tension ne me semble pas opportune. La deuxième approche nécessaire est celle du dialogue, et on sait bien que, de la décision américaine, il sera difficile de sortir des éléments de dialogue. Je crois qu’il est nécessaire de trouver très vite, et c’est le rôle de la France, la capacité d’échanger et pourquoi pas, de tirer avantage de cette situation imposée par Donald Trump - c’est son choix qui est légitime ; il l’avait d’ailleurs annoncé pendant sa campagne aux Etats-Unis, je ne peux pas le lui reprocher - pour permettre de rouvrir le dialogue et les discussions. C’est ce que le président de la République française a proposé à Binyamin Netanyahou.


A.J.: Comment réagissez-vous à la percée de l’extrême-droite en Autriche ?

CC : Evidemment plutôt mal. Surtout que c’est sur des fonctions régaliennes essentielles et que l’Autriche va avoir la présidence de l’Union Européenne dans quelques mois. On voit bien aujourd’hui comment les idées du Front National peuvent être totalement banalisées. C’est ce que nous avons vécu en France le soir du premier tour de la présidentielle. Si j’ai rejoint Emmanuel Macron c’est notamment parce qu’il a fait de ce combat contre  le FN, le principal de ses combats. (…) Je pense qu’au-delà des réussites d’Emmanuel Macron, une chose est sûre, c’est l’affaiblissement en profondeur du FN en France. Il n’empêche que les populismes, tous, émergent partout en Europe.


« Rouvrir le dialogue »


A.J.: Faut-il s’inquiéter de la résurgence de l’antisémitisme en France ?

CC : Oui, parce qu’il y a toujours ce besoin de désigner des boucs émissaires (…)  Le risque d’antisémitisme, présent constamment en France - on le voit avec la multiplication d’actes totalement inacceptables -  est réel. Il faut se battre pour expliquer que la laïcité est le droit de croire ou celui de ne pas croire et que les valeurs de la République doivent garantir la liberté de croyance et, en particulier, pour la communauté juive.

Powered by Edreams Factory