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21 Juillet 2018 | 9, Av 5778 | Mise à jour le 19/07/2018 à 12h42

Rubrique Judaïsme

Parachat Chémoth : Moché, l’homme de paix

A travers de nombreux ouvrages de la Tradition juive, la paix est définie comme la capacité à concilier les contraires. Dans la relation à notre prochain, c’est la disposition psychologique à accepter toutes sortes d’individus dans notre espace relationnel : un homme de paix est large d’esprit et ne sera nullement affecté par la variété caractérielle des individus qu’il fréquentera. Moché (Moïse) fut le premier à incarner ce modèle comme nous l’indiquera un verset de notre paracha.

Au cœur de l’esclavage égyptien, une femme met au monde un enfant destiné à être le futur libérateur des enfants d’Israël. C’est le futur Moché, dont le père est Amram, le chef de la génération de l’époque. Lorsqu’il vint au monde (1), le texte nous dit « qu’il était bon ». Sur ces mots, le Talmud précise qu’il était né circoncis et que la maison s’est emplie de lumière (2) au moment de sa naissance, deux détails qui ne sont pas anecdotiques. Puisqu’ils se rapportent à Moché, figure emblématique du peuple juif, ils sont donc porteurs d’enseignement sur sa personne.


Attaché à la divinité


D’une manière générale, les actions de l’homme se portent dans deux directions : vers lui-même et vers l’extérieur. D’un côté, il doit sans cesse se travailler, au plus profond de lui-même, pour corriger ses traits de caractère défectueux et améliorer les traits positifs de sa personnalité. Mais il se doit aussi de porter un regard vers son entourage pour soutenir et aider ceux qui vivent des situations difficiles ou douloureuses. Et cela aussi bien spirituellement que matériellement. Et c’est ce que laisse entendre le Talmud. Le fait d’être circoncis est une forme de perfection. Cela nous révèle le degré de sainteté de Moché qui, dès sa naissance, avait acquis des qualités intérieures exceptionnelles. Comme le Rambam (Maïmonide) le précise dans son commentaire de la Michna (3) évoquant Moché comme « l’homme le plus achevé du genre humain, totalement attaché à la divinité ». D’un autre côté, la lumière qui se répandit dans la maison, indique sa capacité à éclairer au-delà de sa personne. 


Le nom de D.ieu


Or, il est un fait avéré, qu’un homme ne peut assumer ces deux tendances pleinement : exercer un travail profond au sein de sa personnalité tout en étant capable d’inciter le monde à changer est un défi quasi impossible. Et une Michna des Pirké Avoth (4) le confirme : « …si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi mais quand je suis pour moi, que suis-je, quelle est ma valeur ?... ». Seul un chef de génération en est capable et Moché fut le premier qui y parvint. C’est en cela qu’il incarne à la perfection le concept de paix. L’intérêt que l’on porte à sa personne et le souci de l’autre sont deux entités opposées. Pourtant Moché fut capable, tout au long de sa vie, de réunir ces deux extrêmes car son attachement à D.ieu lui conféra toutes les qualités du Créateur dont l’un des noms est…Chalom. 


Notes

(1)  Chémoth, chap. 2, verset 2

(2) Traité Sotta p. 12a 

(3) Sur le onzième chapitre du traité Sanhédrine

(4) Chapitre 1, Michna 14

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