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26 Avril 2018 | 11, Iyyar 5778 | Mise à jour le 26/04/2018 à 18h06

28 avril - Chabbat A'haré-mot - Kédochim : 20h42 - 21h55

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Communauté juive iranienne : Dans la rue contre le régime

Zion Hassid et la Synagogue de Chiraz. (DR)

Au ce moment où la rue iranienne se soulève contre le régime qui privilégie le financement du terrorisme international au dépend du bien-être de ses citoyens, Actualité Juive s’est intéressée à la situation de la communauté juive iranienne et a interrogé Zion Hassid, le président de l’Union des Israéliens originaires d’Iran.

Entre 1945 et 1977, plus de 45 000 juifs iraniens ont émigré en Israël. Cependant, la communauté juive iranienne, parmi les plus anciennes du monde,  compte encore plusieurs milliers de membres. Des descendants des Juifs restés dans la région après l'exil en Babylone. Bien que disposant de la liberté de culte et de celle d’animer des institutions sociales et éducatives, des restrictions en matière de politique et d’emploi demeurent. Pas un juif aux postes à responsabilité dans les sphères gouvernementale, militaire et universitaire bien que le taux de réussite des étudiants juifs soit supérieur de 7% à la moyenne nationale. Dans le privé, par contre, les juifs sont réputés pour être de bons et loyaux employés et recrutés sans discrimination flagrante.

Les juifs restent, malgré tout, observés avec défiance par le gouvernement de la république islamique farouchement hostile à Israël. De temps à autres, certains sont accusés par les autorités d’espionnage au profit d’Israël et des Etats-Unis et jetés en prison. Habib Elghanian, le chef de la communauté juive de Téhéran, a même été exécuté pour espionnage en 1979. Ces dernières années seules quelques familles montent en Israël de façon sporadique. Et Zion Hassid refuse de commenter les raisons pour lesquelles elles restent en Iran. En Iran où, d’après le dernier recensement, « il reste entre 20 et 25 000 juifs », révèle-t-il.  « La grande majorité à Téhéran et Ispahan et autres villes du pays qui confient se sentir comme des citoyens à part entière ». La plupart d’entre eux restent attachés aux traditions, participent à des activités culturelles et fréquentent les synagogues de Téhéran, d’Ispahan ou de Chiraz. Mais restent cependant toujours sur leurs gardes. Fin décembre, d’après certaines sources, la synagogue Hadash à Chiraz aurait été vandalisée. Deux Sefer Torah et des livres de prières auraient été déchirés. Bien que de temps à autres, des islamistes viennent y manifester menaçant de les détruire si Israël touche à la Mosquée Al-Aqsa, la République islamique d'Iran préserve cependant de façon remarquable les tombes d’Esther et de Mordekhaï, au point de les avoir ajoutées – restez bien assis - à la liste de ses trésors nationaux. « Mais c’est juste pour montrer au monde qu’elle préserve les juifs », rétorque Zion Hassid, qui répond « la prophétie a été donnée aux prophètes », quand on lui demande si la protestation risque d’enfler ou de s’essouffler soit par démotivation des manifestants soit par oppression du régime. « Nous parvenons encore, confie-t-il, à entrer en contact avec nos frères, mais c’est de plus en plus difficile ». L’Iran a en effet restreint l’accès aux réseaux sociaux  et cellulairs. « Ils disent avoir plus peur que jamais et craignent pour leur sort », poursuit Zion Hassid. « Ce que nous voulons au-dessus de tout, conclut-il, c’est que nos amis iraniens soient libres et heureux ». 

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