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26 Mars 2019 | 19, Adar II 5779 | Mise à jour le 25/03/2019 à 18h51

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Les gardiens de la révolution à l’attaque

(DR)

Les manifestations populaires dans plusieurs villes d’Iran, dont la capitale Téhéran marquent un nouveau mouvement qui s’oppose aux immenses investissements de la République islamique d’Iran dans des théâtres extérieurs.

En effet, les manifestants, surtout des jeunes, ont manifesté contre la politique du régime qui tend à donner la priorité au régime syrien, au front de la résistance, c’est-à-dire les groupes terroristes du Hamas, ou du Hezbollah et ceci sur le compte du développement économique et social intérieur de l’Iran. Les milliards de dollars qui ont été injectés dans l’économie iranienne n’ont pas donné les résultats tant attendus par la population qui pensait que l’accord sur le nucléaire iranien allait être le moteur d’une reprise économique générale pour tous les citoyens. Or dans ce régime dictatorial et corrompu des mollahs, la transparence n’existe pas, ni d’ailleurs la liberté de manifester lorsqu’on s’oppose au gouvernement. On a pu voir des manifestants chanter des slogans contre le guide suprême et contre le commandant des gardiens de la police iranienne, la Force Al Qods, Qassem Souleimani.

Les manifestations qui ont débuté le 28 décembre dans la ville de Mashad se sont développées dans d’autres villes du pays mais également dans la capitale Téhéran. Ils criaient : « Arrêtezd’envoyer de l’argent en Syrie, pensez à nous ! Pas Gaza pas le Liban, nous sacrifierons nos vies pour l’Iran… ».

De plus des posters du guide suprême et du commandant des gardiens de la révolution ont été brûlés comme ce fut le cas à Shiraz le 30 décembre 2017. La répression fut extrêmement violente. Officiellement quelques dizaines de manifestants ont été tués par balles souvent à bout portant par les gardiens de la révolution islamique. Mais au-delà des chiffres officiels, des milliers d’arrestations ont eu lieu et ont encore lieu et des centaines, voire des milliers de personnes ont été blessées et peut-être tuées. L’information étant filtrée et censurée dans ce pays où les gardiens de la révolution font la pluie et le beau temps. Pendant quelques jours il y eut un espoir de changement dans ce régime dictatorial et extrêmement dangereux mais les manifestations ont commencé à se réduire petit à petit après que la cour de justice d’État a prononcé la peine de mort pour celles et ceux qui rejoindraient le mouvement populaire. Ensuite, c’est le commandant en chef Mohamed Jaafri, connu pour sa cruauté et le pouvoir absolu qu’il détient, qui a annoncé la fin des manifestations. Le régime iranien a accusé l’État d’Israël d’être responsable des manifestations. Ils ont également accusé la présence d’agents antirévolutionnaires comme étant les responsables des troubles. Le commandant Jaaffri a conclu en disant qu’après six jours de combat contre les insurgés le régime l’a emporté.


Cela ressemblait aux parades nazies

Des dizaines de milliers de manifestants pro régime ont manifesté avec l’effigie du guide suprême, du commandant des gardiens de la révolution et d’autres chefs militaires responsables de la mort de dizaines de manifestants, à Téhéran et dans d’autres villes d’Iran.

Cela ressemblait aux parades nazies à l’époque d’Adolf Hitler en Allemagne. Ces manifestations pseudo populaires et pseudo spontanées étant le symptôme classique de tous ces régimes dictatoriaux et fascistes de l Allemagne nazie en passant par l’ex-URSS et aujourd’hui la Corée du Nord.

Le premier juge de la cour révolutionnaire, Moussa Jazenfrabadi, a annoncé que les manifestants qui ont été arrêtés pourraient être jugés et condamnés à mort. Ils sont coupables de Mouharaba, c’est-à-dire d’une guerre contre Dieu, selon le Premier juge… L’Occident et la France sont restés extrêmement frileux voire presque indifférents face à ce massacre de manifestants sans armes qui voulaient un changement. Le pire c’est que certains dirigeants ont même accusé les dirigeants des USA, d’Israël et de l’Arabie Saoudite d’être responsables d’une possible guerre avec la République iranienne.

Il y a trop d’intérêts européens et français en particulier dans le pays de Mollahs pour soutenir une révolution qui irait à l’encontre d’intérêts économiques juteux. Il y a aussi une dialectique plus qu’inquiétante qui préfère voir un Iran en train de contrôler l’Irak, la Syrie, le Liban, le Yémen, et la bande de Gaza plutôt que de s’y opposer. En 2018 l’Iran continuera à être au centre de conflits de plus en plus graves au Moyen-Orient. 

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