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21 Novembre 2018 | 13, Kislev 5779 | Mise à jour le 19/11/2018 à 15h42

Rubrique Culture/Télé

Benjamin Biolay : « J’assume le devoir de mémoire »

Benjamin nous raconte ce que « La douleur », le film dans lequel il joue actuellement en salles, leur inspire.

Actualité Juive: Présentez-nous votre personnage
 Benjamin Biolay :
Comme tous les protagonistes, mon personnage a existé. C’est un militant plutôt marxiste. Il a participé au mouvement de la résistance française, le même que celui du Colonel Morland que rejoindra François Mitterrand plus tard.
 
A.J.: Vous êtes clairement engagé contre l’extrême droite. Cette période de l’histoire n’a-t-elle pas de résonance avec l’actualité ?
 B.B. :
Résonance est un mot très fort même si par moments, je réentends cette petite mélodie détestable. Je sais que le terreau est propice à ce genre de recommencement. C’est statistique, un pays comme la France qui a plongé dans la collaboration peut recommencer. C’est une des raisons pour lesquelle j’ai fait ce film. Le devoir de mémoire est un peu pédant du haut de mes 45 ans, mais j’assume.
 
A.J.: Justement qu’aimeriez-vous que l’on emporte en ayant vu ce film ?
 B.B. :
Le fait de rentrer chez soi et de se servir de Google pour de bonnes raisons et de voir les documentaires pour en savoir plus. Quand vous avez 20 minutes de pause entre deux scènes et que vous feuilletez « Je suis partout », vous avez envie de vomir.
 
A.J.: Êtes-vous pour l’interdiction de « Bagatelles pour un massacre » de Céline ?
 B.B. :
J’ai lu cette horreur. Autant « Voyage au bout de la nuit » c’est 20/20 autant cet ouvrage ce n’est même pas 0. Le mec qui écrit ça, je le vois, je lui mets un coup de tête. Il y a à peu près 24 fois par page le mot « Youpin ». C’est une immondice. Je suis scandalisé que l’on pense même à le republier.
 
A.J.: Vous avez déclaré que vous aimiez la musique Klezmer, même si vous n’étiez pas Juif.
 B.B. :
Je ne peux pas savoir si je ne suis pas Juif. Mon histoire familiale par certains aspects est trop trouble. Quand on joue du violon, cela fait plus Varsovie que l’Auvergne. Dans la musique classique être Juif c’est le rêve. Dans ce métier certains disent :
« Je ne suis pas Juif, je ne serai jamais bon. » Un prof me rappelait que tous les grands solistes sont Juifs. Même si j’en ai trouvé qui ne l’étaient pas (Rires).
 
A.J.: Trouvez-vous que l’on parle trop de la Shoah ?

B.B. : On n’en parlera jamais assez. Si j’avais pu croiser Robert Faurisson, je lui pétais la gueule. J’ai visité les camps.

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