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20 Mai 2018 | 6, Sivan 5778 | Mise à jour le 17/05/2018 à 12h39

Rubrique Culture/Télé

Mélanie Thierry : « Le film nous laisse avec un sentiment amer du retour possible »

Mélanie Thierry dans « La douleur », actuellement au cinema

Mélanie Thierry nous raconte ce que « La douleur », le film dans lequel elle joue actuellement en salles lui inspire.

Actualité Juive : Comment avez-vous préparé l’incarnation de Marguerite Duras ?

 Mélanie Thierry : Je me suis d’abord dit : je joue Marguerite Duras avant qu’elle ne soit connue, c’est-à-dire une jeune écrivain à l’aube de ce destin qui l’attendra. Cela permet de jouer plus décomplexée en abordant le personnage. Je me suis aussi plongée dans son œuvre pour me nourrir de sa pensée. Après il faut trouver sa densité pour traverser la douleur et la faire vivre.

 

A.J.: C’est aussi une femme qui attend le retour de son mari des camps de la mort.

M.T. : C’était effectivement une femme parmi tant d’autres dans une attente terrible aux multiples tiroirs.  À la fois faire le deuil, sans savoir où il meurt, au bord d’un trottoir ou dans un camp. S’attacher aussi à cette douleur, et s’y complaire en en tirant l’inspiration pour écrire. Et le pire, sentir le détachement et la culpabilité qui rend la vie insupportable.

 

A.J.: Cette période de l’histoire vous la connaissiez bien avant le film ?

M.T. : On se plonge toujours dans des lectures. J’ai aussi eu la chance de faire quelques films sur cette époque. Donc c’est vrai que je me suis déjà attachée à l’histoire de la Seconde guerre mondiale.

 

A.J.: N’y trouvez-vous pas une inquiétante résonance en ce moment ?

M.T. : À tel point que le film reste moderne, et nous laisse avec un sentiment amer du retour possible. On ne parlera jamais assez de la Shoah !

 

A.J.: Vous êtes en couple avec le chanteur Raphaël, ses origines juives vous ont-elles rendue plus sensible au sujet ?

M.T. : Qu’il soit juif c’est autre chose. On raconte ici une autre histoire, et aussi celle d’une femme qui n’est pas juive. Cela n’a rien à voir.

 

A.J.: Avez-vous vécu un tournage difficile ?

M.T. : Non, car j’étais tellement heureuse de faire ce film avec la sensation qu’il compte parce que le cinéma a besoin de ce genre d’œuvre.



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