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15 Octobre 2018 | 6, Heshvan 5779 | Mise à jour le 11/10/2018 à 12h50

Rubrique France/Politique

Colloque UPJF : Jérusalem au cœur des débats

Crédit : Erez Lichtfeld

Le traditionnel rendez-vous annuel de l’Union des patrons et des professionnels juifs de France s’est tenu, dimanche 11 février, dans le grand amphithéâtre de la Maison de la Chimie à Paris.

Dimanche dernier, il était difficile de trouver un siège libre à l’intérieur de la grande salle de conférences de la Maison de la Chimie (Paris 7ème). Il faut dire que le thème central choisi par l’UPJF avait de quoi déplacer les foules : « Jérusalem, un sujet capital (e) ». Le coup d’envoi fut donné avec la projection d’un film de 52 minutes réalisé par Pierre Rehov (« Jérusalem dévoilée ») suivie par une brillante allocution du Grand Rabbin de France, Haïm Korsia. Puis, trois tables rondes rythmèrent la journée. Chacune d’elles, orchestrée par Michel Zerbib, le directeur de l’information de Radio J, revêtait un angle particulier: le rôle des médias, le point de vue des intellectuels et celui de la classe politique. Si la question de Jérusalem constitua le fil rouge des débats, il n’en demeure pas moins que d’autres sujets furent traités par les divers orateurs comme l’antisémitisme, l’antisionisme, l’alyah, la laïcité, la stratégie de Donald Trump au Proche-Orient, ou encore le djihadisme en France.

Le journaliste François d’Orcival (Valeurs Actuelles), entouré d’Ivan Rioufol (Le Figaro), d’André Bercoff et d’Harold Hyman (CNews), tentait avec brio de décrypter la perception d’Israël aux yeux des médias. «  C’est une réalité : l’Etat hébreu doit toujours, s’il est attaqué, faire preuve de retenue. Au bout du compte, c’est comme cela qu’on diffuse un certaine hostilité à l’égard d’Israël ». Harold Hyman reconnaissait de son côté que les médias font souvent confiance aux dépêches AFP. « Il faut faire attention au vocabulaire employé à l’antenne. Je corrige d’ailleurs certains de mes confrères », lâchait-il avec conviction.

A propos de Jérusalem, le présentateur de l’émission dominicale « Connaître l’Islam » sur France 2, Ghaleb Bencheikh, questionnait d’emblée l’auditoire. « Pourquoi Jérusalem est chère au cœur des musulmans ? » «La tradition islamique ne se veut pas nouvelle mais continuatrice. L’islamisation de Jérusalem eut lieu en 638 ». De confession catholique, le commissaire de police Frédéric Lauze, dont le dernier ouvrage porte un titre  évocateur (« Téchouva »),  séduisait l’assistance : « Jérusalem est la cité des trois religions monothéistes. Mais au commencement, il y a eu le peuple juif.  Cette ville demeure au cœur de la centralité, de la mémoire et de l’identité juives », poursuivait-il. Spécialiste de droit international, David Ruzié notait, entre autres, qu’un Etat avait « le droit de choisir sa capitale ».                                                             

La dernière conférence, réunissant un parterre d’invités, ne manquait pas d’intérêt. Aliza Bin Noun, l’ambassadrice d’Israël en France, qualifiait comme « importante » la décision prise par Donald Trump de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem. « Il ne fallait pas laisser de côté ce sujet crucial de Jérusalem et l’évoquer à la fin des négociations de paix ». Réputé pour son franc-parler, le député Claude Goasguen martelait comme une évidence : « Jérusalem est la capitale d’Israël. Il s’agit d’un principe non contestable pour toute personne de bonne foi ». L’ancien maire PS de Sarcelles, François Pupponi, abondait dans le même sens : « Si la France veut combattre l’antisémitisme, elle doit montrer son soutien sans faille à Israël et reconnaître Jérusalem comme sa capitale ».  

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