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14 Décembre 2018 | 6, Tevet 5779 | Mise à jour le 13/12/2018 à 11h38

15 décembre - Chabbat Vayigache : 16h35 - 17h49

Rubrique France/Politique

Disparition de l'historien du judaïsme Gérard Nahon

« Le professeur Nahon aura marqué des générations de sa culture, de sa sagesse et de sa bienveillance », écrit le grand rabbin de France Haïm Korsia (EPHE/DR)

Directeur d'études émérite à l'École Pratique des Hautes Études de Paris, il est décédé la nuit dernière

Dans un texte communiqué lundi après-midi 19 février, le bureau du grand-rabbin de France a annoncé le décès dans la nuit de l'historien Gérard Nahon. Né en 1931, cet éminent spécialiste du judaïsme avait notamment été directeur d'études à l'École Pratique des Hautes Études de Paris, dirigeant la section des sciences religieuses «judaïsme médiéval et moderne» de 1997 à 2000.

A la tête de l'unité propre de recherche « Nouvelle Gallia Judaica » du CNRS, il a également enseigné à l'Ecole rabbinique de France.  Fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 2015, une distinction remise par le grand rabbin de France Haïm Korsia, il est notamment l'auteur des Hébreux en 1968 ou de Métropoles et périphéries séfarades d'Occident : Kairouan, Amsterdam, Bayonne, Bordeaux, Jérusalem, paru au Cerf en 1993 .

« Chercheur infatigable et pédagogue éclairé, il a consacré sa vie à l’étude de l’histoire du judaïsme et à son enseignement, cet acte de transmission fondateur et fécond dont les textes sacrés nous font une ardente obligation. Nous avons eu, rabbins de France, le privilège de bénéficier de ses leçons à l’Ecole Rabbinique de France. Ce maître nous a emmenés sur les chemins d’une connaissance rigoureuse, en nous aidant à la compréhension des rites, en aiguillant notre curiosité, et en nous transmettant sa passion de l’histoire et la profondeur de sa réflexion, toujours illuminées par sa foi. Il appliquait, littéralement, les enseignements des Sages d’Israël en veillant à encourager ses élèves et à les aider à « grandir » dans le sens noble du terme. Le Professeur Nahon était la bonté personnifiée, il portait bien son prénom hébraïque Abraham ; comme le premier Patriarche, il était l’homme du Hessed, de la bonté. Qui ne l’a vu dans son séminaire de l’EPHE disserter sur des procès de l’inquisition ou sur la vie des communautés d’Amsterdam, de Bayonne ou de Bordeaux n’a pas vu un grand savant dans son univers et dans toute sa modestie», écrit le grand rabbin Korsia dans le communiqué.

« Le professeur Nahon aura marqué des générations de sa culture, de sa sagesse et de sa bienveillance. Ce grand savant, modeste et généreux, dont la science a été saluée par de nombreuses distinctions, ce grand du judaïsme, ce chef de famille aimant, va manquer à notre communauté. Je voudrais saluer la mémoire du maître qui nous a fait aimer l’Histoire, celui qui a su donner à l’histoire du judaïsme, en particulier séfarade, ses lettres de noblesse. Il était une référence, celui dont j’attendais l’avis et les conseils, et qui, avec sa chère épouse, incarnait la bonté et la sagesse…sans oublier l’humour ! Il y a quelques jours encore, lors de ma dernière visite, alors que nous dissertions de son dernier ouvrage, il était tel que toujours, curieux du monde et aimant la culture. Il est parti, comme il avait vécu, paisiblement, mais nous ne l’oublierons pas. Barouhk Dayan Haemet Que sa mémoire soit bénie »

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