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15 Octobre 2018 | 6, Heshvan 5779 | Mise à jour le 11/10/2018 à 12h50

Rubrique Judaïsme

Parachat Tétsavé : Une éducation lumineuse

Crédit : Edition Bliah

Quel est le fondement de l’autorité que des parents doivent exercer sur un enfant et, dans une même mesure, un enseignant sur un élève ? La réponse se trouve au début de notre paracha, dans des mots simples, tout en étant d’une grande portée pédagogique. Toutefois, sans négliger le fait que l’autorité repose sur de nombreuses bases, celle que nous rapportons aujourd’hui, présente l’avantage de favoriser le dialogue entre le parent et l’enfant.

La parachath Tétsavé est consacrée à la description des vêtements des Cohanim et au rituel d’inauguration de leur service au sein du Michkane, le Temple du désert. De ce fait, s’étonnent les commentateurs, pourquoi cette paracha débute-t-elle par deux versets qui ne présentent aucun lien avec les vêtements des Cohanim ? En quelques mots, en effet, sont évoqués, l’huile d’olive et l’allumage de la Ménora (le Luminaire) du Temple ! Pour comprendre cette incohérence, il faut reprendre le nom de la paracha. Tétsavé signifie « Tu ordonneras » et nous renvoie donc à la notion d’autorité puisqu’un ordre est donné et qu’il faut l’accomplir. Et si après cette injonction, le texte évoque l’huile d’olive et la Ménora, c’est pour nous dire que l’autorité doit être lumineuse.


Une lettre élevée


Expliquons-nous. Toute autorité suppose l’idée de hiérarchie. Pour que l’enfant soit en mesure d’écouter, il doit avoir une conscience (mentale et physique) que l’ordre donné vient d’une autorité supérieure à lui. C’est la raison pour laquelle, nous dit le Midrash, la lettre l (lamed) est la lettre la plus élevée de l’alphabet : lamed est aussi la racine du verbe « apprendre » à l’impératif (lemad !). Parce que celui qui donne l’ordre d’apprendre doit être au dessus de celui qui reçoit l’ordre. Aujourd’hui, malheureusement, cette verticalité de l’autorité s’est effondrée, faisant perdre, dans le même temps, l’ascendance naturelle des parents sur les enfants. Cette perte est dramatique parce que sans autorité, l’éducation et la transmission sont impossibles : comment un enfant pourrait-il accepter le message spirituel de ses parents s’il n’a pas appris à obéir ?


Vers l’Infini


Toutefois, l’autorité n’est pas qu’une contrainte. Il est possible d’amener l’enfant à se soumettre par une voie agréable et c’est ce que nous enseigne notre paracha. De quelle manière ? En l’élevant vers D.ieu. Quand un enfant apprend la Thora avec son père, se crée alors un lien intellectuel. Deux hommes apprennent la Thora sur un mode humain, donc limité. Là tout devient possible, la discussion comme la contestation ou même le rejet parce que l’on se situe sur un registre relatif où tout peut arriver. Mais quand on fait briller la relation en y introduisant une dimension qui dépasse l’humain, en visant la connaissance de D.ieu, on attache alors l’enfant à l’Infini. Par quel moyen y parvient-on ? En donnant une place importante aux récits où les Maîtres de toutes les générations brillent par leurs miracles, leur sainteté et leur sagesse. Tout d’un coup, l’enfant découvre que la Thora est aussi un monde divin. En entendant une histoire hassidique ou un récit du Midrash, il va se sentir happé par un monde qui le dépasse et qui créera en lui, l’envie de se soumettre. Il prendra conscience qu’il n’est rien devant un D.ieu infini. C’est par cette soumission devant D.ieu que se construira naturellement sa soumission à ses parents. Cependant, ne commettons pas l’erreur de considérer cette donnée comme une attitude ponctuelle ou secondaire. Raconter une histoire de tous les Maîtres de notre Tradition doit être un réflexe quasi quotidien afin de révéler chez l’enfant son âme divine pour l’attacher au Créateur par un lien indéfectible. 

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