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15 Octobre 2018 | 6, Heshvan 5779 | Mise à jour le 11/10/2018 à 12h50

Rubrique Judaïsme

Parachat Ki tissa. Malgré la faute

Crédit : AVODATH HAKODECH DE RAPHAEL BENSHIMON/AJ PRESSE.

C’est l’une des failles de l’être humain dont il est particulièrement difficile de se défaire : le refus du pardon ou de l’erreur chez l’autre. Pourtant, l’indulgence et la bienveillance sont au cœur du veau d’or, l’un des événements les plus tragiques de notre histoire.

Cette disposition à pardonner peut se lire au sein du Michkane que la Thora a commencé à nous décrire, il y a trois semaines. L’un des objets qui s’y trouvait était l’Arche sainte, le Aarone, posé dans l’endroit le plus saint de ce lieu. Il contenait la Thora et était surmonté de deux chérubins que se faisaient face et qui, selon Rachi, avaient, tous deux, le visage d’enfants. Et les commentateurs du Talmud (1) de préciser que cette proximité des deux enfants était une allusion à l’amour de D.ieu pour Israël. Cette hiérarchie est pour nous d’une grande portée spirituelle. La Thora est au cœur de notre vie, un oxygène dont on ne peut se passer et sans qui l’existence n’a plus de sens. On peut alors facilement imaginer les dégâts physiques et spirituels causés par sa transgression. Mais il faut se rappeler que l’amour de D.ieu pour Israël, symbolisé par les chérubins, était au dessus de la Thora : si la Thora venait à être bafouée, le repentir et le pardon étaient toujours possibles. C’est le sens de ce texte du Talmud (2) selon lequel « Israël, bien qu’il faute, reste  Israël ». L’attachement de D.ieu à Israël est un lien essentiel qui ne peut connaître aucune détérioration. C’est le lien d’un père envers son fils qui transcende la logique ou l’intérêt parce que le peuple juif prend naissance dans la pensée première de D.ieu.  


Jusqu’au dernier jour


Cette idée, si précieuse au sein du judaïsme, trouve le même écho dans notre paracha. Le texte nous apprend que Moché rabbénou monta sur le mont Sinaï, le lendemain de Chavouoth pour y rester durant 40 jours. Là, il eut le privilège d’apprendre la Thora avec D.ieu durant toute cette période. Puis le dernier jour, D.ieu lui donna les Tables de la Loi, sur lesquelles étaient écrits les dix commandements pour que Moché, à sa descente, les transmettent aux enfants d’Israël. Mais d’un autre côté, au pied de cette montagne, au moment où D.ieu donna les Tables de la Loi à Moché, le peuple se livrait à l’idolâtrie avec le veau d’or. Moché ne le savait pas mais D.ieu ne pouvait l’ignorer et malgré cela il confia les Tables à  Moché pour les donner à ceux qui accomplissaient la pire dérive.


Pour retrouver le droit chemin


L’enseignement que l’on peut tirer de ce double événement est extraordinaire : même quand un homme sait que la situation spirituelle de son ami n’est pas des plus reluisantes, il ne doit pas s’éloigner de lui et refuser de lui enseigner le judaïsme. Bien au contraire. A l’instar de D.ieu, qui malgré l’existence du veau d’or, poursuivit l’étude la Thora avec Moché (pour les enfants d’Israël), il doit continuer l’étude avec lui pour justement lui donner toutes les chances de retrouver le chemin de la vérité. 


Notes

(1) Sur le traité talmudique ’Haguiga, p. 13b

(2)  Traité Sanhédrine p. 44a

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