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23 Février 2018 | 8, Adar 5778 | Mise à jour le 21/02/2018 à 18h26

Rubrique Moyen-Orient/Monde

USA/Palestiniens : Le point de non-retour ?

Nikki Haley et Saeb Arekat (DR)

Les relations entre l'administration américaine et l'Autorité Palestinienne sont quasiment au point mort. Le bras de fer diplomatique tourne à l'invective. Les Etats-Unis ont-ils encore une chance de faire aboutir leur plan de paix ?

Rien ne va plus entre Ramallah et Washington. Depuis que Donald Trump a reconnu Jérusalem comme la capitale de l'Etat d'Israël, il ne se passe pas un jour sans que l'on constate une nouvelle dégradation dans les relations américano-palestiniennes. Dernière en date, la saillie du conseiller diplomatique de Mahmoud Abbas, qui accuse les Etats-Unis de chercher à renverser l'Autorité Palestinienne. Tournant ses foudres contre l'ambassadrice américaine à l'Onu, Saeb Arekat a affirmé que « Nikki Haley a appelé à renverser le président démocratiquement élu » de l'Autonomie. La diplomate américaine avait en effet critiqué Mahmoud Abbas pour avoir « insulté le président des Etats-Unis » et « rejeté tout rôle américain dans les pourparlers de paix ». Pour Saeb Arekat, c'est bien la preuve que « les Israéliens et les Américains cherchent de nouveaux dirigeants palestiniens qui seraient prêts à accepter la liquidation du projet national palestinien ».

La direction palestinienne fulmine contre ce qu'elle considère comme un parti-pris américain en faveur d'Israël et veut porter le litige sur la scène internationale. Après les motions présentées à l'Onu pour condamner la reconnaissance américaine de la capitale israélienne, les Palestiniens veulent maintenant faire reconnaître l'indépendance de leur Etat par le Conseil de Sécurité de l'Onu. Un projet de résolution dans ce sens pourrait être présenté dans les prochaines semaines. Même s'il n'a aucune chance d'aboutir, puisqu'il serait mis en échec par le veto des Etats-Unis, le geste ne serait pas sans conséquence. D'ores et déjà, il oblige Israéliens et Américains à agir en coulisses pour tenter de mobiliser une majorité contre la motion. S'ils n'y parvenaient pas, le résultat du vote serait un nouvel affront pour l'administration Trump.

Pourtant, Mahmoud Abbas peine à trouver de nouveaux soutiens. Le président palestinien qui espérait remplacer les Etats-Unis par l'Europe comme nouveau médiateur du processus de paix, se heurte à un embarras poli. Lors de son passage fin janvier à Bruxelles pour la réunion des pays donateurs, Mahmoud Abbas s'est vu répondre qu'il devait donner une chance au plan de paix élaboré par les Américains. « Les Etats-Unis restent essentiels pour qu'un processus de paix ait une chance réaliste d'aboutir », avait plaidé la chef diplomate européenne Federica Mogherini.

Le dirigeant palestinien n'a pas eu plus de succès auprès de ses interlocuteurs arabes. Le roi Abdallah de Jordanie lui-même est monté au créneau pour assurer « qu'il ne pourra y avoir de processus de paix ou de solution de paix sans les Etats-Unis ». Alors à la direction palestinienne, on explique qu'il ne s'agit pas d'aller au conflit avec les Etats-Unis et on évoque même la tenue d'une conférence internationale pour la paix. La confusion règne à Ramallah. 

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