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15 Octobre 2018 | 6, Heshvan 5779 | Mise à jour le 11/10/2018 à 12h50

Rubrique Communauté

Comment la science vient aux jeunes filles

(DR)

Dans les pays européens dont la France, les disciplines scientifiques sont généralement l’apanage des hommes. Pourquoi les femmes sont-elles si peu représentées ?

Pour marquer les soixante-dix ans de l’Hôpital Sheba et célébrer les femmes, F.A.S.T. sa représentation française, a organisé le 8 mars une soirée de gala où la journaliste Anne Sinclair a décerné un prix au professeur Annick Rothschild. Née à Paris, la chercheuse dirige l’Institut des maladies rares de Sheba. Elle a été formée à la faculté de médecine du Kremlin-Bicêtre. 

L’université. Là où tout commence. Contrairement à d’autres pays, la France enseigne les disciplines scientifiques en partant des savoirs théoriques vers la pratique. Cette méthodologie réduit ces disciplines à des esprits pour lesquels l’abstraction comme première approche n’est pas un souci et sans que cette qualité ne soit ni féminine ni masculine, elle fait toutefois des études scientifiques « un domaine réservé ». S’ajoute aussi l’éducation. Emmanuelle Berrebi dirige avec son mari l’association Sephora Berrebi fondée en mémoire de leur fille (zl). C’est la seule association juive qui fait de l’éveil scientifique chez les jeunes et les jeunes filles l’un de ses objectifs. 

En décembre 2017, elle a décerné des bourses de recherche, les Sephora Berrebi Scholarschips for Woman in Advanced Mathematics & Computer Sciences à des chercheuses et des étudiantes françaises et israéliennes. Le jury composé entre autres de Pierre-Louis Lions, Bénédicte Haas, Judith Gal-Ezer et Yves Meyer s’était réuni à l’Institut Raymond Poincaré en duplex avec l’université de Tel-Aviv. Des lycéennes parisiennes avaient été invitées pour leur donner envie d’entreprendre des études en mathématiques et en computer science. Il n’y en avait pas une des établissements juifs. « C’est un mystère », estime Emmanuelle Berrebi. « La science est pourtant une discipline exportable qui assure une employabilité partout dans le monde. Je rêverai de pouvoir mettre en place des stages avec Animath pour détecter des talents capables de passer des concours et des olympiades, des stages qui n’auraient pas lieu le chabbat ».

Demeure aussi ce qui, culturellement, revient aux filles et aux garçons. « Les parents inscrivent systématiquement leurs garçons à nos stages quand il s’agit de science, de numérique et d’informatique. Quand on voit une fille arriver, on est ravis ! La semaine dernière, une jeune fille de onze ans a fait un stage de robotique. A la fin, elle s’est écriée Je deviens geek ! comme si c’était un plaisir et une crainte à la fois. Elle avait intériorisé des clichés et ce n’était pas supposé l’intéresser ». 

Du reste, et sans même qu’elle devienne un métier, la science doit être un sujet d’intérêt. « On peut chercher à identifier des hauts potentiels, encourager les vocations ou appuyer celles qui sont déjà déclarées, mais on peut aussi sensibiliser les jeunes à la science d’une manière générale car il vaut mieux être un utilisateur du monde averti qu’un utilisateur passif », insiste Emmanuelle Berrebi. « Avec l’arrivée de la robotisation, de l’Intelligence artificielle, de la data science, du big data et du reste, c’est évident qu’il faut tout faire pour être du côté de l’intelligence humaine qui manipule l’intelligence de la machine plutôt que l’inverse ».

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