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04 Juin 2020 | 12, Sivan 5780 | Mise à jour le 04/06/2020 à 16h26

Chabbat Nasso : 21h31 - 22h56

Rubrique France/Politique

Une femme juive de 85 ans assassinée chez elle à Paris: ce que l'on sait de l'enquête

« Comme Sarah Halimi, Mireille K connaissait le suspect, actuellement en garde à vue » affirme le député Meyer Habib sur sa page Facebook (DR).

Mireille Knoll, retraitée de 85 ans, a été assassinée, vendredi 23 mars, à son domicile dans le XIème arrondissement de Paris. L’autopsie révèle qu’elle a reçu plusieurs coups de couteau.

Mireille Knoll était une retraitée de confession juive, elle avait 85 ans. Elle était veuve depuis le décès de son mari, rescapé de la Shoah. Elle vivait dans le XIème arrondissement de Paris, à quelques pas de chez Sarah Halimi. Elle avait échappé à la Rafle du Vel d'Hiv' en 1942, grâce au passeport brésilien de sa maman.

Vendredi 23 mars, les pompiers ont découvert son corps sans vie, dans son appartement en flammes. Lautopsie révèle onze coups de couteau sur le corps de la victime : la thèse du suicide est écartée et les policiers sorientent vers une piste criminelle. L'enquête est en cours et le Procureur de la République s'est rendu sur les lieux. Deux suspects ont été arrêtés dont lun sortait de prison. « Pour le moment, le principal suspect nie les faits mais la police scientifique est intervenu sur les lieux et on va certainement trouver des traces et des indices », assure Sammy Ghozlan, président du BNVCA, à Actualité Juive. « Comme Sarah Halimi, Mireille K connaissait le suspect, actuellement en garde à vue : un voisin musulman de 35 ans, délinquant sexuel, qu'elle connaissait depuis qu'il était enfant » ajoute le député Meyer Habib sur Facebook. « La vieille dame connaissait très bien ce jeune-homme depuis qu'il avait 7 ans. Ils se fréquentaient régulièrement. Vendredi, il était encore venu la voir », assure une source proche de l’enquête. Elle avait déposé plusieurs mains courantes contre l’un des suspects actuellement en garde à vue.

 

Antisémitisme ?

Trois jours après les faits, la question du mobile n’est pas encore élucidée. S’agit-il ou non d’un crime antisémite ? Alors que l’assassinat de Sarah Halimi a mis près d’un an à être reconnu, l’émotion est vive dans la communauté juive et plus largement. « L’enquête fait état d’éléments ne relevant pas d’un caractère antisémite toutefois cette piste n’est pas écartée à date et doit être encore approfondie. Les services de police investiguent toutes les pistes n’en laissant aucune de côté », a assuré le SPCJ dans un communiqué publié dimanche 25 mars, sur sa page Facebook. « A court ou moyen terme, je pense que l’on pourra prouver que c’est un caractère antisémite qui ressemble étrangement à celui de Sarah Halimi », assure pour sa part, Sammy Ghozlan.

De même pour Meyer Habib, la piste islamiste ne fait aucun doute. Mireille Knoll « a succombé en 2018 face à la haine et la barbarie d'un islamiste, poignardée à 11 reprises, dans l'appartement familial, avenue Philippe Auguste Paris 11e. C'est la même barbarie qui tue des enfants juifs à Toulouse, égorge un prêtre dans son église à Saint-Etienne-de-Rouvray ou un officier de gendarmerie à Trèbes » écrit Meyer Habib sur sa page Facebook.

Francis Kalifat, le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) qui s'est entretenu hier avec les autorités judiciaires. Il évoque la possibilité que l’incendie n’ait été déclenché que pour cacher le crime. « Elle a été poignardée avec acharnement. La volonté de faire disparaître son corps nous laisse perplexe. Nous ne voulons pas tomber dans les mêmes errements que dans l'affaire Sarah Halimi. Il a fallu attendre 11 mois pour que la justice reconnaisse le caractère antisémite de cet assassinat. »

Les investigations se poursuivent. Ce nouveau meurtre intervient dans un contexte difficile, et une répétition des attaques de personnes à leur domicile (à Créteil, la famille Pinto à Livry-Gargan, Sarah Halimi…)

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