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17 Juin 2018 | 4, Tammuz 5778 | Mise à jour le 14/06/2018 à 18h22

Rubrique Judaïsme

Parachat Vayakel Pékoudé : Un chabbath de paix

(FLASH90.)

D’entrée de jeu, trois thèmes animent le début de la parachath Vayakel : l’idée d’unité, l’idée du pardon du veau d’or et celle du chabbath. Et puisque l’on ne peut rien mettre sur le compte du hasard, force est donc d’admettre que la réunion de ces trois concepts est porteuse d’enseignements. C’est ce qui fera l’objet de notre réflexion.

Vayakel signifie « Il rassembla ». En l’occurrence, il s’agit de Moché qui rassembla les enfants d’Israël, le lendemain de sa descente du Mont Sinaï pour leur transmettre le pardon divin pour la faute du veau d’or et des ordres relatifs au chabbath (1). Historiquement, ces trois idées sont naturellement liées puisqu’elles se produisirent le même jour. Mais au-delà du temps, elles décrivent des fondements du judaïsme.


Un service étranger


L’idolâtrie naît au sein de l’individu quand il donne à sa personne une place prépondérante au détriment du Créateur : quand son travail, ses loisirs ou une passion quelconque prendront le pas sur son étude de la Thora, sa prière ou sur l’éducation de ses enfants. Il existe comme une dérive intellectuelle et c’est ce que le mot hébreu, pour idolâtrie, exprime : « Avoda zara » qui signifie littéralement « Service étranger ». Au lieu de se consacrer au service pour lequel il a été créé, il s’investit avec ardeur dans des activités éloignées de l’esprit du judaïsme. Cependant, lorsque Moché descendit du mont Sinaï, il apporta certes, le pardon divin pour la faute du veau d’or mais avec le chabbath, il offrait aux enfants d’Israël, le moyen de se préserver de l’idolâtrie. Durant chabbath, toutes pensées, paroles et actions relatives au monde profane sont interdites. C’est comme si l’homme apprenait à mettre le monde et ses turbulences de côté pour ne consacrer son temps et son esprit qu’à D.ieu. Et c’est en cela que chabbath est l’antidote de l’idolâtrie. Chabbath est comme une éducation au retrait où l’homme apprend qu’il n’est pas une machine au service du monde qui ne cherche qu’à l’asservir : plus de portable, plus de clefs de voiture, plus de carte de crédit, plus de dépendance du monde matériel. Il n’est plus un acteur du monde économique mais un serviteur du Créateur.


Gommer les différences


   On peut alors comprendre pourquoi la Thora insiste sur l’idée de rassemblement. Le texte aurait pu, en effet, mentionner uniquement le discours de Moché aux enfants d’Israël, sans l’introduire par les mots « Moché rassembla » ! Et nos Maîtres d’expliquer que l’idée de chabbath apporte une notion supplémentaire, capable de repousser l’idolâtrie. Le judaïsme est foncièrement unitaire grâce, en partie, à la pratique des mitzvoth qui unifient les Juifs. Mais quand les mitzvoth sont rejetées par l’idolâtrie, l’unité disparaît puisque chacun se consacre à son idolâtrie (ses passions) qui n’est propre qu’à lui. Dès lors plus rien ne rapproche un Juif d’un autre. Vient alors chabbath qui va nous protéger contre ce danger. Toute la semaine, des différences socio-économiques sont mises en valeur : il y a des professeurs, des médecins, des ingénieurs, des ouvriers et le risque de hiérarchisation existe. Mais dès que débute chabbath, cette gradation disparaît car seul le Juif qui prie ou qui étudie est mis en valeur. C’est pourquoi  on se salue par l’expression « Chabbath chalom ». Car le temps du chabbath est un temps de paix où toutes les différences sont gommées pour mettre en valeur notre unité profonde.


Note

  1. Ainsi que les ordres relatifs à la construction du Michkane
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