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19 Juillet 2018 | 7, Av 5778 | Mise à jour le 19/07/2018 à 12h42

21 Juillet - Chabat Dévarim - Chabbat 'Hazon : 21h26 - 22h44

Rubrique Judaïsme

Pessah : Entre richesse et pauvreté

(FlASH90.)

Quel est ce pain de misère que la Thora évoque pour parler de la Matsa ? Alors que Pessa’h suggère avant tout l’événement glorieux de la sortie d’Egypte d’un peuple fuyant la servitude, le texte nous demande de poser sur la table du Seder « le pain du pauvre »… quand les séjours organisés rivalisent, avec abondance, de raffinement culinaire. Où est le message de Pessa’h, entre richesse et pauvreté ?

Il y a quelques années, un sondage israélien demanda quelle était la fête la plus pratiquée au sein des familles juives. La réponse fut…Pessa’h. Cette popularité s’explique, sur un plan profond, par le fait, que cette fête est considérée par les textes des Prophètes et ceux du Talmud comme la naissance du peuple juif. Bien évidemment, c’est cinquante jours plus tard, lors du don de la Thora, que l’identité juive nous donnera ses repères mais concrètement la sortie d’Egypte mit en avant l’émergence d’un peuple nouveau. On trouve une allusion à ce statut nouveau avec l’agneau sacrifié la veille de la sortie d’Egypte dont la présentation ressemblait à celle d’un embryon, recroquevillé sur lui-même.


Les crues du Nil

En quoi cette naissance allait séparer ce nouveau peuple des autres nations ? Par la primauté donnée à la spiritualité. L’Egypte était une nation où la débauche et l’idolâtrie étaient le moteur de l’existence, reléguant la spiritualité à une façade sociale : les Egyptiens ne levaient jamais les yeux vers le Ciel car toute leur richesse dépendait des crues du Nil. A l’opposé de cette démarche, Moché rabbénou ancra dans le peuple juif l’idée de foi en en D.ieu qui hissa les enfants d’Israël au-delà de la matérialité. C’était le message de la sortie d’Egypte. Le pain symbolise la matérialité. Il est nécessaire à la vie…mais il doit être pauvre car il ne doit pas porter ombrage à la spiritualité. 


Dans l’opulence

C’est ce qui explique qu’à Pessa’h, on doit réduire la place du matériel. La naissance est le point de départ de l’existence et à ce moment, on prend toutes les forces pour les suites de la vie. En Algérie et au Maroc, des témoignages rapportent que certains prenaient le café avec des dattes pour ne pas prendre de sucre. A Pessa’h s’opère comme une rupture avec nos habitudes alimentaires. On prend un nouveau départ en écartant le plaisir que l’on peut tirer d’une alimentation trop riche. Et Rachi le confirmera sur son commentaire du Chema Israël : c’est dans l’opulence que l’on rejette D.ieu ! De là à condamner les séjours de vacance à Pessa’h, il y a un petit pas que l’on ne veut pas franchir. La vie trépidante que nous menons doit être régulée pour passer de bonnes fêtes. Mais chacun doit se rappeler que Pessa’h délivre aussi un message spirituel où la retenue et le travail sur soi guidèrent le peuple juif dans le désert…où l’on ne trouve pas grand-chose à manger.

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