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23 Septembre 2019 | 23, Elul 5779 | Mise à jour le 23/09/2019 à 15h27

Rubrique France/Politique

Edwy Plenel interviewera Macron : Elisabeth Levy s’indigne

La directrice de Causeur s’étonne que malgré tous ses écarts, le fondateur de Mediapart soit encore médiatisé voire institutionnalisé comme un débatteur crédible face au chef de l’Etat (DR).

La directrice de la rédaction de Causeur s’interroge sur le choix d’Edwy Plenel pour interviewer le chef de l’Etat. Elle dénonce « une insulte à la mémoire de Charb, Cabu et de tous les morts de Charlie Hebdo ».

L’Elysée a annoncé lundi 9 avril que le couple journalistique Bourdin-Plenel a été choisi pour interviewer le président de la République Emmanuel Macron, lors d’une émission qui sera diffusée le 15 avril à 20h35, sur BFM-TV RMC et le site Mediapart. Deux heures de face à face qui vont sans nul doute attirer nombre de téléspectateurs, soucieux de comprendre le cap à venir de la politique du chef de l’Etat. Si l’exercice de dialogue auquel se prête le président est unanimement salué, le choix de ses contradicteurs fait moins consensus. Celui de Plenel tout particulièrement.

Dans un édito intitulé « Macron choisit Plenel : sale temps pour Charlie et le camp laïque! », la directrice de Causeur Elisabeth Levy, s’indigne de la portée symbolique du choix de celui qui n’est pas « n’importe quel journaliste ». Elle rappelle ses récents propos, qui accusaient Charlie Hebdo de « mener une guerre contre les musulmans », ses accointances avec le sulfureux Tariq Ramadan, et plus largement son aveuglement face à l’islam radical. « Ainsi, depuis le 7 janvier 2015, s’évertue-t-il à nous expliquer que le principal danger qui menace la France, c’est l’islamophobie, tandis qu’une représentante de sa rédaction affirme candidement sur un plateau de télévision que « l’islam radical n’est pas un gros problème ».

La patronne de Causeur dénonce également, plus largement, les pratiques procédurières qu’il mène avec le média qu’il a créé : Mediapart. « Il pratique un journalisme policier et redresseur de torts dont la réussite se mesure au nombre de têtes qu’il fait tomber », écrit-elle. Avant d’ajouter : « Plenel adore faire la leçon au reste de la profession et citer Mediapart comme l’étalon de la vertu. Mais on dirait que ce qu’il aime par-dessus tout, c’est faire peur. »

 

Une insulte à la mémoire des morts de Charlie Hebdo

La directrice de Causeur s’étonne que malgré tous ses écarts, le journaliste soit encore médiatisé voire institutionnalisé comme un débatteur crédible face au chef de l’Etat. « Etrangement pour un homme qui a fait du « pas de pardon » le cœur de son éthique journalistique, Plenel survit à tous ses ratages – pour être polie », déclare-t-elle.

C’est finalement la responsabilité d’Emmanuel Macron qu’elle dénonce. « En adoubant Plenel, il intronise un homme qui, il y  quelques mois, quand les menaces de mort pleuvaient sur le journal de Charb pour cause de lèse-Ramadan (Tariq), a cru bon d’en rajouter en écrivant que Charlie menait « une guerre contre les musulmans ».

Ajoutant : « J’ignore quels sombres calculs de communicants ont présidé au choix de l’Elysée », se demande-t-elle, affirmant pour finir que « c’est une insulte à la mémoire de Charb, Cabu et de tous les morts de Charlie Hebdo. »

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