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26 Avril 2018 | 11, Iyyar 5778 | Mise à jour le 25/04/2018 à 17h58

28 avril - Chabbat A'haré-mot - Kédochim : 20h42 - 21h55

Rubrique France/Politique

Macron, l’Eglise et la Laïcité

(DR)

Lors de la première Conférence des évêques, le chef de l’Etat a appelé à « réparer » le lien entre l’Etat et l’Eglise. Certains y voient une brèche dans la loi de 1905.

« Le dîner du Crif des catholiques ». C’est ainsi que certains commentateurs ont appelé ce premier rendez-vous du genre organisé par la Conférence des évêques de France, au Collège des Bernardins. Quatre cents personnes se sont massées sous la grande Nef le 9 avril au soir, pour écouter le discours fleuve d’Emmanuel Macron. Pendant une heure, le chef de l’Etat a appelé les catholiques à s’engager politiquement et à développer une relation apaisée entre les organes publics et religieux. « Nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé, et qu’il vous importe à vous comme à moi, de le réparer », a-t-il notamment déclaré devant un auditoire conquis. « C’était un discours qui marque une étape dans la relation qu’entretient l’Eglise avec l’ensemble de la nation », commente à Actualité Juive le frère Louis-Marie Coudray, directeur des relations avec le judaïsme auprès de la Conférence des évêques de France. « Les chrétiens sont des citoyens comme les autres et ne peuvent pas faire fi de leur foi qui exerce une influence sur leur comportement dans la Cité », ajoute-t-il.


Une prise de position qui tranche avec celle de ses prédécesseurs

Une prise de position qui tranche avec celles de ses prédécesseurs et qui n’a pas manqué de provoquer la fureur des laïques. Certains ont vu dans l’appel de phare du président, une entorse à la loi de 1905, selon laquelle la République ne reconnaît aucun culte. Parmi l’avalanche de réactions indignées, il y a eu celle du leader de la France Insoumise, Jean-Luc Melenchon, qui a fustigé le « délire métaphysique » du président ou encore celle du premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, qui a martelé dans un Tweet : « En République laïque aucune foi ne saurait s’imposer à la loi. Toute la loi de 1905. Rien que la loi ». C’est également la position de Laurent Bouvet, proche de Manuel Valls et co-fondateur du Printemps Républicain, une association visant à promouvoir la laïcité dans le paysage politique français. « Le discours d’hier n’est pas conforme à l’esprit de la laïcité telle que définie dans la loi de 1905, car il s’adresse uniquement aux catholiques en tant que tels », explique-t-il à Actualité Juive. « Est-ce le rôle d’un président d’appeler un culte à s’investir en politique ? D’autant que cela ouvre la boîte de Pandore du communautarisme. Dans cette perspective, n’importe quel culte pourra exiger une reconnaissance de l’Etat, y compris l’islam politique... », ajoute-t-il. Alors que le président prépare un grand plan de réforme de l’Islam de France, la question religieuse n’a pas fini d’agiter ce quinquennat.

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