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26 Avril 2018 | 11, Iyyar 5778 | Mise à jour le 25/04/2018 à 17h58

28 avril - Chabbat A'haré-mot - Kédochim : 20h42 - 21h55

Rubrique Judaïsme

Parachat Chémini : L’animal comme source d’enseignement

(flash90)

Le Talmud (1) nous enseigne que « si la Thora n’avait pas été donnée, nous aurions appris du chat, la pudeur, l’interdit du vol par l’exemple de la fourmi, l’interdit de certaines unions grâce à la colombe et le savoir-vivre du coq ». On peut comprendre, à partir de là, qu’aucun élément de la création n’est inutile puisque chacun d’entre eux peut être porteur d’enseignement. Et c’est ce que Rachi, dans sa grande sagesse, vient nous rappeler.

Dans l’énumération des animaux aptes et interdits à la consommation, la Thora nous apprend (2) que « tout ce qui marche sur ses pattes, parmi toute bête qui avance sur quatre pattes sera impure… ». Et pour préciser l’idée du verset, Rachi ajoute : comme par exemple, le chien, l’ours et le chat. Or, on peut s’étonner d’une telle précision. La Thora parle ici d’animaux qui ne possèdent pas de sabots et qui sont donc impurs. Pourquoi Rachi donne-t-il en exemple, précisément ces trois animaux alors que ces animaux impurs sont nombreux ? C’est en analysant les caractéristiques de ces animaux que l’on comprendra la remarque de Rachi.


Dirigé par son cœur 


   A propos du chat, le Talmud (3) nous enseigne que le chat ne reconnaît pas son maître. C’est donc l’indice d’un intellect déficient. Toutefois, il est animé de bons sentiments puisque le Talmud, mentionné plus haut,  nous révèle que nous aurions appris de lui la pudeur car il ne fait jamais ses besoins devant l’homme et cache ses excréments. Le chien se situe à l’opposé du chat puisque le Talmud, cité plus haut, nous précise qu’il reconnaît son maître mais ses sentiments sont atrophiés puisqu’il est entièrement dirigé par son cœur : il ne peut maîtriser ses passions. A ce propos, on rapporte que dans l’Arche de Noa’h, il eut des relations avec sa femelle alors que l’interdit s’imposait à tous les animaux ! Son nom même nous révèle cette déviance puisqu’il est appelé en hébreu blk qui peut aussi se lire « comme un cœur ». Quant à l’ours, le Talmud (4) évoque cet animal comme l’expression de la grossièreté : il est gros, chevelu et toujours en mouvement. Et pour marquer ce particularisme répugnant, les Maîtres évoqueront l’idée de manger et boire comme un ours.


Vendre sa maison


On peut comprendre à présent la remarque de Rachi qui cite ces trois animaux : ils représentent en fait, tous les défauts que possède un animal sans sabots, point culminant  de la souillure. En effet, le sabot opère une séparation entre l’animal et le monde matériel. Or, ces animaux n’en sont pas pourvus. Ils sont donc rivés à la matière et vont en subir toutes les conséquences : déficience intellectuelle comme le chat, carence émotionnelle comme le chien et grossièreté comme l’ours. C’est pourquoi l’un des signes de « cacherouth » des animaux permis à la consommation est l’existence de certains sabots chez l’animal. Il en va de même pour un Juif qui doit tout mettre en œuvre, dans sa vie quotidienne, en pensées, paroles et actes pour s’éloigner de la matérialité du monde. Et cette approche de vie changera toute l’orientation de son .existence Et le Talmud (5) de confirmer : un homme doit vendre les murs de sa maison pour se procurer des chaussures pour, à l’instar des sabots, mettre une séparation entre lui et le sol. 


Note

(1)  raité Erouvine, p.100b

(2) Parachath Chémini, chap.11, verset 27

(3) Traité Orayoth, p.13a 

(4) Traité Avoda zara, p.2b

(5) Traité Chabbath, p.129a

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