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25 Septembre 2018 | 16, Tishri 5779 | Mise à jour le 21/09/2018 à 13h05

Rubrique Monde juif

République Tchèque : Des promeneurs sur des pierres tombales juives

(DR)

Une portion de la zone piétonnière située dans le centre historique de Prague est constituée d’anciennes pierres tombales juives. Et, pour le moment, rien n’est fait pour modifier cette situation.

En novembre 1985, le régime communiste de Tchécoslovaquie inaugurait, en grande pompe, une zone piétonne dans le cœur historique de Prague. « Ceci est le symbole adéquat de la grandeur de notre temps », s’était, alors, vanté le chef du parti communiste et président du pays, Gustav Husak. Et le quotidien du Parti, Rude Pravo, d’ajouter que ce site était « un travail magnifique de la construction socialiste ».
   De fait, entouré par des dizaines de bâtiments historiques restaurés, ce lieu, très fréquenté par les touristes, a, depuis, connu une popularité qui ne s’est jamais démentie. Seulement, il y a un problème : une partie du pavage est constituée de pierres tombales venant d’un cimetière juif abandonné situé dans un village dénommé Udlice. Pour que nul ne le remarque, lesdites pierres tombales ont été placées « à l’envers », les inscriptions hébraïques faisant face au sol.
   Bien entendu, à l’époque, nul n’aurait osé protester. D’autant plus que le pouvoir faisait preuve d’une bonne dose d’antisémitisme. La question s’est, donc, réellement posée suite à la chute du communisme en 1989. Depuis, les représentants de la communauté juive locale ont tenté d’alerter les autorités pour que celles agissent. « Il existe des choses qui sont toujours choquantes quelle que soit votre religion, dit Leo Pavlat, le directeur du musée juif de la capitale. Est-ce que cet acte barbare n’offense que les juifs ou est-ce un problème de culture, de décence, de citoyenneté partagée » ?
   Mais, jusqu’à présent, tous les efforts ont été vains. « Nous en avons parlé avec plusieurs maires de Prague, précise Tomas Krauz, le secrétaire de la Fédération Tchèque des Communautés Juives (qui compte 3 000 membres). Ils montrent de la sympathie mais les choses se compliquent aux échelons inférieurs lorsque les fonctionnaires font état de divers obstacles de nature technique ou organisationnelle ».
   Récemment, un quotidien pragois a, cependant, relancé le débat via un article signé par Ondrej Hanko. « Ceci aurait du être réparé il y a longtemps », a explique le journaliste à l’AFP. Parallèlement, Ian Wolf, le conseiller municipal en charge de la culture pour la ville, a précisé : « Ce pavage aurait dû être changé par respect pour nos ancêtres ». Le même dit vouloir bientôt rencontrer des représentants de la communauté juive à ce propos. La maire de la ville, Adriana Krnacova, a annoncé qu’elle allait faire de même. Alors, peut-être, une solution est-elle en vue ?

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