Default profile photo

14 Novembre 2019 | 16, Heshvan 5780 | Mise à jour le 13/11/2019 à 17h43

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Syrie. Des frappes bienvenues mais insuffisantes

Les zones d’impact sur un site syrien après les frappes des alliés. (DR)

Pour Israël, l’intervention des Etats-Unis et de ses alliés ne change pas la donne face à l’Iran.

C’est un message ambivalent qu’ont envoyé les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne en frappant, samedi 14 avril, plusieurs sites militaires et un centre de recherches soupçonnés d’héberger le programme chimique du régime syrien. Ces bombardements attestent de la détermination occidentale à faire respecter ses lignes rouges sur l’emploi d’armes chimiques contre les populations civiles, après l’attaque par le régime de Bachar Al Assad de la ville rebelle de Douma, dans la Ghouta orientale. Pour autant, à l'instar de la riposte américaine à l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, en avril 2017, l’action militaire massive, mais à l’ampleur limité, du week-end dernier livre en creux un message désespérant à la population syrienne : seule la mort par suffocation est à même de mobiliser, manu militari, Washington ou Paris. 

   Ce n’est pas le seul enseignement de cette opération militaire coordonnée occidentale. Schématiquement, on peut en relever trois. 1) Rien ne dit pour l’heure que les 105 missiles tombés sur les installations syriennes samedi aient détruit totalement le stock de substances chimiques détenus par Damas. 2) Ces frappes ne devraient pas modifier le cours de la guerre en Syrie, le rapport de forces interne demeurant inchangé. 3) Last but not least, Donald Trump semble toujours décidé à quitter à la Syrie, à court ou moyen terme, en dépit des affirmations imprudentes du président français, Emmanuel Macron, dimanche soir. Selon le Wall Street Journal, la Maison Blanche travaillerait actuellement à la constitution d’une force arabe qui pallierait, au nord-est de la Syrie, le retrait des forces américaines.  


Rencontre franco-israélienne

Une configuration peu rassurante pour Jérusalem. Les autorités israéliennes, par l’intermédiaire du Conseiller à la sécurité nationale, Meir Ben Shabbat, se sont entretenues, en amont des frappes, avec leurs homologues américains, britanniques et français. « Ben Shabbat a rencontré le conseiller diplomatique du président français, Philippe Etienne, qui était en déplacement en Israël », confirme une source officielle israélienne, contactée par Actualité juive. 

Déçu du caractère limité de l’intervention occidentale, Donald Trump ne cédant pas à l’option d’actions plus larges soutenue par son nouveau conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton, Israël pourrait aussi avoir à en payer le prix. Moscou envisagerait la livraison à Damas de son système de défense antiaérien S-300, voire S-400. « Ce serait inquiétant mais Tsahal dispose des moyens de vaincre le système », assure notre source qui fait remarquer que les Russes n’ont pas fait usage de leur propre système samedi dernier pour contrer l’offensive alliée.


Représailles iraniennes

Autre risque, celui de représailles directes iraniennes, après les récentes frappes israéliennes en Syrie, à l’initiative du chef de la force Al Quds des Gardiens de la révolution iraniens, Qassem Soleimani. Des actions à la frontière syrienne ou libanaise, voire contre des  Israéliens à l’étranger sont redoutées. « Je pense que les Iraniens ont été surpris par l’ampleur de notre riposte mais aussi par la qualité de nos informations », estime l’officiel cité plus haut. « Et il est clair qu’une riposte iranienne donnerait aux responsables sécuritaires israéliens favorables à une action militaire plus vaste en Syrie la justification dont ils ont besoin ».

Powered by Edreams Factory