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21 Juillet 2018 | 9, Av 5778 | Mise à jour le 19/07/2018 à 12h42

Rubrique Culture/Télé

Israël remporte l’Eurovision

(Flash90.)

Après le départ du Giro et sur fond de transfert de l’ambassade américaine, Jérusalem est une fois de plus sur la carte. C’est là qu’aura lieu l’Eurovision 2019. A Lisbonne, samedi soir, Neta a raflé les suffrages avec sa chanson Toy et déclenché une véritable « Netamania » qui n’en finit pas de se propager.

Dire que la « Netamania » s’est emparée d’Israël est un doux euphémisme. Même Binyamin Netanyahou est arrivé au Conseil des ministres dimanche en mimant la danse de la poule et en lançant un Boker Toy, au lieu du traditionnel Boker Tov. Samedi soir, dès l’annonce de la victoire, les Israéliens ont envahi la Place Rabin jusque tard dans la nuit. Cela faisait 20 ans qu’ils espéraient ça, depuis la victoire de Dana International en 1998. Mardi à l’aube, des centaines de fans attendaient la gagnante, à l’aéroport Ben-Gourion aux cris de Neta, Neta ! Sans parler de l’effervescence dans l’avion d’El Al qui l’avait ramenée de Lisbonne. Infatigable, elle a fait danser équipage et passagers. Même lors d’un concert d’un groupe de musiciens ultra-orthodoxes, dimanche soir, le public masculin a dansé sur la chanson revisitée. Une chanson qui s’inscrit dans le cadre de la campagne #MeToo qui dénonce le harcèlement fait aux femmes. « Mais aussi toute  forme de harcèlement », avait tenu à préciser Neta qui elle-même en a souffert durant son adolescence à cause de son surpoids. La « Netamania » était aussi de mise à l’Altice Arena de Lisbonne.  25 000 personnes du monde entier avaient réservé à Neta un accueil incroyable et connaissaient « Toy » par coeur. Non, les Européens ne jouent pas tous le jeu de l’antisémitisme ! A l’annonce de la victoire d’Israël, tout le public était debout. Le BDS n’aura manifestement pas réussi sa campagne   « 0 point pour Neta ! ». L’Europe a choisi sa nouvelle reine et elle est israélienne et ce devant plus de 200 millions de téléspectateurs, un record d’audience pour l’Eurovision. 

Neta était la favorite.Durant les quelques jours qui ont précédé la finale, elle était en ballotage avec la chypriote, en tête à l’issue du vote du jury. Mais à sa plastique et ses mouvements suggestifs, les téléspectateurs ont nettement préféré l’originalité et le talent, propulsant l’Israélienne à la 1ère place. 

A la sortie de l’Arena de Lisbonne, tous ont salué la victoire d’Israël. « Félicitations ! Shalom ! L’an prochain en Israël ! », lançaient-ils aux fans israéliens, enveloppés de drapeaux bleu et blanc. 


« L’Eurovision aura lieu, en 2019, à Jérusalem et nulle part ailleurs »

Mais qui dit Eurovision dit aussi politique. Les présentatrices portugaises avaient reçu pour consigne de ne pas dire « Good evening Jérusalem », mais « good evening Israël » au moment des votes pays par pays, alors que les autres capitales étaient mentionnées. Stéphane Bern qui commentait l’Eurovision pour France 2, devrait réviser sa géographie. Il a rendu l’antenne sur un « l’an prochain à Tel-Aviv ! ». Pourtant il va bien falloir s’y faire, « l’Eurovision aura lieu, en 2019, à Jérusalem et nulle part ailleurs. Si les organisateurs refusent, alors nous annulerons », a déjà prévenu Miri Regev, la ministre de la Culture. (Ndlr : Après sa victoire en 1978, Israël organisa l’édition suivante à Jérusalem, le 31 mars 1979. Cette année-là, Israël remporta à nouveau le concours mais ne put l’organiser l’année suivante faute de moyens). Reste à trouver une salle à la hauteur de l’événement. Peut-être le nouvel Arena dont la capacité est de 11 600 personnes ou le stade Teddy qui lui peut en accueillir 31 000. 

Quant à la présentatrice, d’aucuns rêvent déjà à Gal Gadot qui avait fait campagne sur Instagram pour enjoindre à ses 19 millions de followers de voter pour Neta. Autre prétendant, Izhar Cohen, qui avait remporté l’Eurovision 1978 avec « A-Ba-Ni-Bi ». 

La « Netamania » s’est aussi immiscée dans l’actualité. Sur les tracts largués lundi à l’aube par l’armée de l’air sur l’enclave palestinienne, et destinés à prévenir les Gazaouis de ne pas s’approcher de la clôture de sécurité, on pouvait lire « Ne soyez pas les poupées du Hamas ». Référence aux paroles de la chanson de Neta. « Ani lo bouba » (« je ne suis pas une poupée »). Et au dîner offert dimanche soir par le couple Netanyahou en l’honneur d’Ivanka Trump et de Jared Kushner, en Israël pour l’inauguration de l’ambassade américaine, le chef Moché Segev avait servi la Foccacia dans une copie de la Une du Yedihot Ahronot de dimanche. On y voit Neta au milieu des confettis de la victoire sur fond de drapeau bleu et blanc, avec écrit en rose : « Elle a gagné ! », ainsi que les premiers mots prononcés en recevant le trophée : « L’an prochain à Jérusalem ». Qu’on se le dise !

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