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15 Octobre 2018 | 6, Heshvan 5779 | Mise à jour le 11/10/2018 à 12h50

Rubrique Israël

Bernard Bitan : « Les apparences s’avèrent souvent trompeuses »

"Elie Chouraqui a tellement aimée qu’il a non seulement accepté de la mettre en scène, mais s’est aussi investi dans l’adaptation et les dialogues" (Crédit: OVLAC)

A quelques jours de la première mondiale à Tel-Aviv de la pièce « Miroirs », mise en scène par Elie Chouraqui, Actualité Juive a rencontré son auteur Bernard Bitan. Une grande histoire d’amitié qui se déroule dans une galerie d’art et nous emmène à la découverte du sens véridique de la loi du Talion. Une pièce qui fait réfléchir mais aussi beaucoup rire.

Actualité Juive : Après «Le prénom» qui a fait salle comble, vous voilà à l’aube d’une nouvelle aventure…

Bernard Bitan : Et quelle aventure oui ! J’ai écrit cette pièce espérant la présenter peut-être dans un petit café-théâtre, et elle va être jouée, en première mondiale, au Cameri, le théâtre national israélien qui, pour la première fois, a accepté d’accueillir une production privée tant la direction a été séduite par le concept.  

 

A.J.: Il s’agit, en effet, d’un concept très original ! Que pouvez-vous nous dévoiler ?

B.B. : C’est parti de quelque chose de très inattendue et plutôt imprévisible. Marco Gaon a fait lire la pièce à Jean-Louis Azoulay, le fondateur des galeries Eden Fine Art, l’un des plus importants réseaux de galeries d’art au monde, qui cherchait, au même moment, une façon originale de présenter les œuvres d’un de ses artistes les plus cotés, Yoël Benharrouche. L’idée géniale et inédite consiste à intégrer un vernissage à une pièce de théâtre ; et c’est sur ce concept que tout a commencé ! Elie Chouraqui, qui avait déjà mis en scène Le Prénom, a également lu la pièce, il l’a tellement aimée qu’il a non seulement accepté de la mettre en scène, mais s’est aussi investi dans l’adaptation et les dialogues.


A.J.: On ne change pas une équipe qui marche…

B.B. : En effet, outre Eli Chouraqui, il y aura aussi sur scène Marco Gaon, Judith Mergui et moi-même. Il s’agit une fois de plus d’une création israélienne de qualité réalisée et jouée par des francophones. 


A.J.: Le décor sera sans doute le plus cher de l’histoire du théâtre…

B.B. :Tout à fait, puisqu’il sera constitué d’œuvres originales sublimes de Yoël Benharrouche ! 

 

A.J.: La pièce est prévue pour faire le tour du monde…

B.B. : Il est prévu qu’elle soit jouée partout où Eden Fine Art possède une galerie : Manhattan et Londres en anglais, Israël en hébreu et aussi et surtout à Lyon et Paris.



« L’idée inédite consiste à intégrer un vernissage à une pièce de théâtre »

 

A.J.: C’est une pièce à lectures multiples. Lesquelles ?

B.B. : Tout en étant une comédie, la pièce dénonce l’hypocrisie de l’art contemporain et pose aussi la question de la réparation d’un préjudice. Un thème de Guemara que j’avais étudié avec mon Rav Schmuel Lévy au Kolel de Créteil il y a quelques années.

Mais c’est également une belle histoire d’amitié de trente ans entre deux hommes qui, entre croyances et certitudes, justice et réparations, vérités et mensonges par omission, règlent leurs comptes avec intelligence. 

 

A.J.: Quelle est la leçon à retenir de la pièce ?

B.B. : Quand on cause un préjudice, on doit le réparer « mida kenegued mida », tel que nous l’enjoint le Talmud, mais aussi, que les apparences s’avèrent souvent trompeuses. L’image que l’on renvoie aux autres est-elle réellement le reflet de ce que nous sommes ! Tout ceci dans une pièce émouvante, très drôle, dont on ressort diverti et plus instruit ! 


Miroirs : Le 8 Mai 2018 - Théâtre Cameri - Tel Aviv Billetterie : www.livestage.show

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