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25 Septembre 2018 | 16, Tishri 5779 | Mise à jour le 21/09/2018 à 13h05

Rubrique Judaïsme

Parachat Béhar - Bé’houkotaï : pour l’honneur de la Thora

(Flash90.)

Dans son Encyclopédie de la Loi juive, le Michné Thora, le Rambam affirme que la Thora ne fut donnée que pour faire la paix dans le monde (1). L’un des traits majeurs du concept de paix est la capacité à concilier les contraires. En d’autres termes, un homme de paix est celui qui peut supporter et accepter toutes sortes de caractères sans en être affecté. Et les deux parachioth de cette semaine souscrivent à ce concept : Béhar décrit une idée complètement contraire à celle associée à Bé’houkotaï.

Tous les grands textes du judaïsme sont unanimes sur ce point : l’orgueil est le trait de caractère le plus défectueux. Plus encore, il est à la source de toutes nos fautes puisque transgresser la volonté de D.ieu, c’est, avant tout, faire passer notre désir ou notre intérêt avant celui du Créateur. Dès lors, comment une paracha peut-elle porter le nom de Béhar qui signifie « Sur la montagne », un nom qui sous-entend à la fois l’idée de grandeur et l’idée de supériorité. Quant à Bé’houkotaï, elle se situe sur le versant inverse puisqu’elle sous-entend l’idée de soumission, Bé’houkotaï signifiant « dans Mes lois » !


Une nature violente


L’humilité est une vertu capitale de la vie juive et c’est d’ailleurs pour l’acquérir que la Thora fut donnée aux enfants d’Israël. En effet, nous dit le Talmud (2), le peuple juif ayant une nature difficile à soumettre, la Thora lui fut donnée pour qu’il apprenne à se maîtriser et se soumettre. Bien plus, poursuit la Talmud, à la même référence, si la Thora n’avait pas été donnée à Israël, aucune nation n’aurait pu se tenir devant lui. Et nos Maîtres d’ajouter que l’humilité doit être vécue aussi bien vis-à-vis de D.ieu que vis-à-vis des hommes. Dès lors, si cette disposition d’esprit est si essentielle dans nos rapports avec D.ieu, comme dans nos rapports avec notre prochain, comment peut-on envisager d’y associer une certaine hauteur pouvant confiner à de l’orgueil ou, comment peut-on associer Béhar et Bé’houkotaï ?


Un homme de Thora


La réponse, en fait, se situe dans le sillage de l’idée de soumission : quand un Juif s’attache à D.ieu de toutes ses fibres, au point de ne faire qu’un avec la Thora, il perd son identité strictement humaine pour devenir un homme de Thora. Cette adhésion fait de lui le représentant de D.ieu sur terre et l’incarnation de Son message. Mais il arrive parfois que ce Juif soit victime de moqueries, de critiques, du fait de son adhésion « religieuse ». Devra t-il toujours adopter l’humilité et la soumission qu’on exige de lui et ne pas réagir ? Non, répondent nos Maîtres. Quand la Thora est bafouée et dévalorisée, on se doit de réagir avec détermination pour défendre l’honneur de D.ieu et celui de la Thora. Il faut être « sur la montagne » et ne pas avoir peur d’afficher clairement ses positions. Parce que la fierté qui s’impose alors n’est pas « sa fierté ». C’est celle de la Thora. Comme nous le prouve la coutume juive, lors de la prière du matin. Quand un homme est revêtu de son Talith et de ses Téphilines, celui du bras est quelque peu caché : parce que nos actions, symbolisées par le bras, doivent être discrètes. Par contre, le Téphiline de la tête est visible : parce qu’il ne faut pas avoir peur d’afficher nos opinions de Thora. 


Notes

(1) Fin des Lois de ’Hanoucca

(2) Traité Bétsa, p.25b

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