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15 Octobre 2018 | 6, Heshvan 5779 | Mise à jour le 11/10/2018 à 12h50

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Jean-François Gaudreault-DesBiens et Pierre Larouche : «Pas de BDS à l'Université de Montréal !»

La faculté de droit de l'Université de Montréal vient de signer avec l'Université Hébraïque de Jérusalem un accord d'échanges d'étudiants. Le Pr. Jean-François Gaudreault-DesBiens, doyen de la faculté québécoise et le Pr. Pierre Larouche étaient en Israël pour évoquer la francophonie et l'ouverture sur Israël.

Actualité Juive : Pourquoi un partenariat avec la faculté de droit de l'Université Hébraïque ?

Pr. Gaudreault-DesBiens : Nous sommes une université francophone. Compte tenu de l'immigration francophone croissante en Israël, le pays devient de plus en plus intéressant pour nous. Beaucoup de francophones ici ont la citoyenneté israélienne mais aussi française. Lorsqu'ils viennent chez nous, ils profitent d'ententes qui existent depuis longtemps entre le gouvernement français et le gouvernement du Québec et leurs frais de scolarité sont les mêmes que ceux des étudiants du Québec –  3 000 dollars annuels au lieu de 25 000 pour un étudiant étranger. L'accord de partenariat va permettre aux étudiants de se faire créditer le semestre ou l'année qu'ils passeront à Montréal dans leur cursus universitaire israélien.


A.J.: L'Université de Montréal compte déjà de nombreux étudiants français. Qu'est-ce qui les attire ?

Pr. Gaudreault-Desbiens : A la faculté de droit, ils sont facilement la moitié. Ce que nous voulons c'est accueillir des étudiants qui ont déjà une bonne formation et qui sont prêts à vivre une expérience nord-américaine en français. Nous faisons du droit civil mais nous sommes aussi une faculté de Common Law. Le 1er cycle rend admissible ensuite à l'école du Barreau, à la chambre des Notaires, un parcours professionnel en Amérique du Nord et en ajoutant l'année supplémentaire de Common Law, on peut intégrer le Barreau de New York, du Québec, de l'Ontario, etc. 


A.J.: Ce qui préoccupe les étudiants israéliens et français, c'est la politisation des campus et l'activisme croissant contre Israël. Qu'en est-il à l'Université de Montréal ?

Pr. Gaudreault-DesBiens : Jusqu'à maintenant on a été relativement épargnés par les mouvements BDS. Dans les deux universités anglophones de Montréal Concordia et McGill, où beaucoup d'étudiants viennent de la côte est des Etats-Unis, il y a des débats absolument vicieux autour du BDS qui frisent l'antisémitisme. Il y a eu des cas d'exclusion d'étudiants de conseils d'administration d'associations étudiantes simplement parce qu'ils étaient juifs, pas parce qu'ils étaient pro-israéliens. Mais pas chez nous ! 


Pr. Larouche : En partie parce que l'université conserve une mission plus traditionnelle de lieu de savoir, d'échanges, de discussion et c'est peut-être moins un lieu de militantisme. Le spectre plus large des partis politiques fait aussi que la discussion n'a pas besoin de se faire sur les campus.


Pr. Gaudreault-DesBiens : Et puis, au Québec les milieux francophones ont toujours été très divisés entre les fédéralistes et les souverainistes. Cette division fait partie du paysage politique. Les gens ont tendance à éviter les sujets politiques sur lesquels ils sont divisés pour pouvoir travailler ensemble. 

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