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21 Octobre 2018 | 12, Heshvan 5779 | Mise à jour le 17/10/2018 à 18h03

Rubrique Moyen-Orient/Monde

La réprobation du monde à l’égard d’Israël

Le président turc Erdogan a rappelé son ambassadeur (Wikipedia)

La Turquie expulse l'ambassadeur d'Israël. La France et le Koweït convoquent le Conseil de Sécurité. Le chef de l'Autorité Palestinienne dénonce un « massacre ». Après les émeutes de Gaza, Israël doit de nouveau affronter une bataille diplomatique perdue d'avance.

Comme dans un réflexe pavlovien, les condamnations ont afflué du monde entier dans les heures qui ont suivi les manifestations du 14 mai le long de la barrière de sécurité. Dans un Moyen-Orient en plein bouleversement, c'est presque avec soulagement que les chancelleries ont pu renouer avec une situation qui leur était familière. Le conflit asymétrique qui oppose la foule palestinienne à l'armée israélienne et les images de violence en provenance de Gaza ont suffi à réactiver les formules connues sur « l'usage excessif de la force » d'Israël, face à la « détresse humanitaire » des Palestiniens.

Pour l'Autorité Palestinienne, à la remorque du Hamas, c'était l'occasion de se faire entendre, alors qu'elle a été incapable de résoudre ses divisions avec l'organisation islamiste et de faire avancer son offensive diplomatique contre Israël. La Ligue Arabe, qui a depuis longtemps relégué le sort des Palestiniens loin en queue de ses préoccupations face à la montée en puissance de l'Iran, a pu, à peu de frais, exprimer sa solidarité en appelant à une réunion d'urgence de ses membres et à la saisine du Tribunal Pénal International sur les « crimes d'Israël ». La Turquie a été la plus virulente dans sa condamnation d'Israël, du pain béni pour son président, à quelques semaines des élections. Erdogan a fustigé le « terrorisme d'Etat » d'Israël, coupable selon lui de « génocide sur le peuple palestinien ». Après avoir rappelé son ambassadeur à Tel Aviv, il a d'ailleurs annoncé l'expulsion de l'ambassadeur israélien à Ankara, mettant ainsi un terme à la réconciliation qui n'aura même pas tenu deux ans. « Erdogan est l'un des plus grands partisans du Hamas et il ne fait aucun doute qu'il est un expert en matière de terrorisme et de massacre. Je lui conseille de ne pas nous donner de leçons de morale », lui a répondu Binyamin Netanyahou.


« Deux poids, deux mesures »


L'Afrique du Sud a elle aussi rappelé son ambassadeur. La Belgique a pour sa part convoqué le représentant d'Israël pour lui faire part de son mécontentement. Toutes les capitales européennes ont exprimé « préoccupation » et « condamnation ». Emmanuel Macron a « condamné les violences des forces armées israéliennes » et rappelé que le 70e anniversaire de l'Etat d'Israël était aussi celui de « l'exil pour de nombreuses familles palestiniennes ». A Londres, le Foreign Office a appelé à la création d'une commission d'enquête indépendante sur les émeutes de Gaza.

Seuls les Etats-Unis restent aux côtés d'Israël. L'ambassadrice américaine à l'Onu a assuré qu'elle opposerait son véto à toute résolution condamnant  Israël au Conseil de Sécurité. Nikki Haley a dénoncé le « deux poids, deux mesures » de l'organisation internationale et accusé le Hamas « d'envoyer les Palestiniens à la mort pour des photos dans les médias ».

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