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19 Juillet 2018 | 7, Av 5778 | Mise à jour le 18/07/2018 à 18h05

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Rubrique France/Politique

Bezons: la mairie contrainte de retirer ses plaques « Allée de la Nakba» par arrêté préfectoral

Les plaques ont été retirées mardi après-midi par les autorités municipales (DR).

Les plaques, installées hier à l'occasion de l'inauguration symbolique de cette allée, ont été retirées mardi en milieu d'après-midi.

La polémique n’aura pas duré plus de 24 heures. Au lendemain de l’inauguration symbolique à Bezons (Val d’Oise) d’une « allée de la Nakba  en mémoire de l’expulsion des 800 000 Palestiniens et de la destruction des 532 villages en 1948 par le criminel de guerre David Ben Gourion pour la création de l’Etat d’Israël », le maire de la ville Dominique Lesparre (PCF) s’est vu contraindre de retirer des plaques, comportant des inscriptions en français et en arabe, par la préfecture du Val d’Oise. Les services municipaux sont intervenus en milieu d'après-midi, constatant que les panneaux avaient été vandalisés un peu plus tôt.

Le président du CRIF, Francis Kalifat, a rendu public dans l’après-midi sur Twitter l’arrêt préfectoral adressé par la préfecture du Val-d’Oise au maire de Bezons. Le préfet Jean-Yves Latournerie y demande à l’élu communiste de la ville de retirer le panneau, en motivant sa décision par trois raisons : la rupture du principe de neutralité républicaine dans le domaine international; l’absence d’intérêt communal dans ce dossier ; le risque de troubles graves à l’ordre public.

« L’apposition de ces plaques et le commentaire qu’elles comportent constituent une prise de position rompant ainsi avec le principe de neutralité de neutralité républicaine dans le domaine international, domaine réservé de l’Etat en vertu des articles 52 et suivants de la Constitution, seule apte à déterminer et s’exprimer en matière de politique étrangère de la France.
Cette action est, de plus, étrangère à tout intérêt communal […] et donc ne relève pas de votre compétence de maire.
En outre, elle provoque des controverses et des polémiques locales susceptibles d’évoluer rapidement vers des troubles graves à l’ordre public ».




Risque de contagion 

Un peu plus tôt dans la matinée, le ministre de l’Intérieur avait été contacté dans la matinée par le CRIF, selon le président de l’institution. Contacté par Actualité juive, le président des communautés juives du Val-d’Oise, René Taïeb se félicite de l’action rapide des pouvoirs publics saisi ce matin. « Le préfet a bien compris le sens de ma démarche qui ne s’appuyait sur le droit, rien que sur le droit ». 

Le responsable communautaire s’inquiète toutefois du risque de contagion. « Le département compte près de 40 000 Juifs. On n’a pas envie que ce qui s’est passé à Bezons serve d’exemple à d’autres villes ».

De son côté, l’ambassade d’Israël en France condamne dans un communiqué une « incitation à la haine », présentée comme « l’un des facteurs qui engendre les actes antisémites, parfois meurtriers, que subit la communauté juive en France ».

La municipalité communiste marque en effet régulièrement son attachement au peuple palestinien de manière outrancière. En 2014, le Tribunal administratif, saisi par le préfet du Val d’Oise et le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, avait contraint les autorités municipales à annuler une décision municipale nommant citoyen d’honneur Madji Ihrima Al-Rimawi, un Palestinien détenu par Israël pour des faits de terrorisme. Une plaque en son honneur avait également dû être déboulonnée. 

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