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14 Décembre 2018 | 6, Tevet 5779 | Mise à jour le 13/12/2018 à 11h38

15 décembre - Chabbat Vayigache : 16h35 - 17h49

Rubrique Israël

Cerfs-volants palestiniens: l’arme qui gâche la forêt

(Flash90.)

Les cerfs-volants terroristes sont devenus en quelques mois la nouvelle menace avec laquelle doivent vivre les Israéliens de l'ouest du Néguev. Près de 2 500 hectares de champs ont brûlé et les dégâts sont estimés à plusieurs millions d'euros. Pour déjouer cette nouvelle forme de terrorisme, Israël n’a malheureusement toujours pas trouvé la parade.

Le 10 juin, c'est dans leur cour d'école que des élèves ont découvert un de ces engins, auquel était accroché une fiole d'accélérant. Les enfants ont aussitôt donné l'alerte et les artificiers de la police ont fait le nécessaire. Tous les habitants des localités limitrophes de la Bande de Gaza savent désormais qu'ils doivent être vigilants. Les numéros d'urgence des pompiers, des collectivités locales ou des services routiers sont sur tous les téléphones. Car il suffit de quelques secondes pour faire la différence. Alerter les autorités dès qu'un feu se déclare peut éviter sa propagation. L'air sec, la température élevée et la brise d'ouest sont tout ce qu'il faut aux terroristes pour que leurs armes primitives causent un maximum  de dégâts à la végétation et aux cultures israéliennes de l'autre côté de la barrière. 

En l'espace de deux mois, les incendies ont détruit plus d'un millier d'hectares de champs et des centaines d'hectares de forêts du Keren Kayemet LeIsraël, sans compter les dommages infligés à la faune. En moyenne, on compte une vingtaine de feux quotidiens et plus d'une cinquantaine les jours où le Hamas mobilise ses miliciens sur la frontière. Les brigades de pompiers patrouillent sans cesse du nord au sud de la barrière, aidés par les employés du KKL, les soldats de Tsahal, les agriculteurs de la région et des dizaines de volontaires venus de tout le pays, pour intervenir au plus vite et circonscrire les départs de feu.

Mais la vigilance ne suffit pas et la défense israélienne doit s'adapter et trouver des solutions. D'abord avec les moyens existants, comme le recours à des avions modèles réduits pour couper les fils des cerfs-volants incendiaires, mais aussi les drones de surveillance et d'intervention. Des réservistes de Tsahal, formés au maniement des drones ont même été mobilisés. Les ingénieurs planchent également sur des nouvelles technologies comme un modèle de multi rotor développé par Rafaël, conçu initialement pour le soutien à l'infanterie, mais qui pourrait être utilisé contre les cerfs-volants et les ballons terroristes. 

Car du côté du Hamas non plus on ne chôme pas. Surpris par son propre succès, le mouvement terroriste palestinien comprend la valeur de sa technique et l'améliore constamment. D'abord pavoisés aux couleurs palestiniennes, les cerfs-volants se font désormais transparents pour échapper à la vigilance de l'adversaire et les ballons gonflés à l'hélium, qui n'ont pas besoin d'être manœuvrés du sol, sont de plus en plus utilisés. Outre les charges incendiaires, les terroristes commencent aussi à les équiper de charges explosives. 



La vigilance ne suffit pas et la défense israélienne doit trouver des solutions

Pourtant, le fléau ne suscite qu'un intérêt limité à l'étranger, où la presse le considère au mieux comme un phénomène marginal, quand elle ne met pas l'accent sur l'aspect « arme du pauvre », au même titre que les lance-pierres, face à la puissance technologique militaire d'Israël. Il est vrai qu'il avait fallu du temps à Israël pour sensibiliser la communauté internationale aux tirs de roquettes palestiniennes sur la population civile israélienne et qu'elle les dénonce comme des actes de guerre.

Du point de vue des dirigeants israéliens, le problème des incendies terroristes n'est qu'un des éléments de la tactique du Hamas auquel il faut évidemment trouver une réponse, mais sans oublier le reste. Le mouvement islamiste ne renonce pas à ses émeutes sur la barrière de sécurité, même si la journée du 8 juin, annoncée comme « la marche du million pour Jérusalem », n'a pas fait le plein. Face aux appels du mouvement islamiste, les images des centaines de blessés aux jambes des émeutes précédentes ont probablement douché les enthousiasmes. Environ 20 000 personnes ont participé aux émeutes, pour la plupart des militants du Hamas. Quatre d'entre eux ont été tués, plus de 400 ont été blessés, dont 70 par balles, selon les chiffres fournis par les services médicaux de Gaza. Tsahal avait déployé un bataillon supplémentaire, des batteries Dôme de Fer et des snipers. La veille, l'aviation avait lâché des tracts d'avertissement sur la Bande de Gaza mais aussi effectué un exercice de raids massifs sur le territoire. Une tactique dissuasive qui a été payante.

En attendant, la tension sur le terrain ne donne aucun signe d'apaisement. La situation de la population de l'enclave palestinienne ne fait que se détériorer et pas seulement du fait du Hamas. Le chômage atteint les 50%. L'Autorité Palestinienne et l'UNRWA, qui s'est fait couper les vivres par les Etats-Unis, n'envoient plus de fonds. Les ministres du cabinet de sécurité israélien, réuni le 10 juin, n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur des mesures humanitaires pour Gaza et les conditions à fixer au Hamas, qui pourraient servir de base à une trêve.

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