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23 Juin 2018 | 10, Tammuz 5778 | Mise à jour le 21/06/2018 à 11h38

Rubrique Israël

Le Hamas joue avec le feu

Les manifestants palestiniens toujours aussi violents à la frontière entre Israël et la Bande de Gaza.( FLASH90.)

Après une journée de tirs, une trêve avortée et des messages contradictoires, c'est l'organisation islamiste palestinienne, même aux abois, qui continue à donner le ton dans et autour de la Bande de Gaza.

La trêve intervenue après les tirs terroristes qui avaient frappé l'ouest du Néguev, n'aura pas tenu une semaine. Pourtant, Israël pensait que le Hamas avait seulement voulu relâcher un peu de pression interne et ne cherchait pas l'escalade. Les responsables israéliens faisaient d'ailleurs savoir qu'ils ne souhaitaient pas non plus une nouvelle confrontation, la menace iranienne au nord étant plus pressante que celle des islamistes de Gaza. Tout aurait pu donc s'arrêter là. Manifestement, les dirigeants de l'enclave côtière avaient d'autres plans.

La dissuasion israélienne qui prévalait depuis la fin de l'opération Bordure Protectrice de l'été 2014 a vécu. Les ripostes de Tsahal aux tirs de roquettes et de mortier, qui ont d'ailleurs brièvement repris le 3 juin, n'ont pas suffi à ramener les organisations terroristes de Gaza dans le rang. Le calcul tactique de Tsahal était de maintenir une réponse à basse intensité, puisque les tirs palestiniens n'avaient heureusement pas fait de victime. Donc, si les frappes contre des objectifs terroristes ont été conséquentes – plusieurs dizaines en deux jours – elles ont aussi été prudentes. L'aviation israélienne a repris une technique déjà utilisée par le passé, celle du « frapper avant d'entrer », qui consiste à lâcher sur l'objectif une première bombe à blanc, pour avertir les occupants de quitter les lieux, avant de larguer la seconde, avec une ogive chargée d'explosifs. Ce qui permet de détruire la cible en préservant les vies humaines. 

La manœuvre semble confirmer qu'Israël n'est pas prêt à passer à la vitesse supérieure, en tout cas pas immédiatement. Si le Hamas est sérieux dans son désir d'une trêve de longue durée, le dialogue reste possible. La question est de savoir si les dirigeants islamistes de Gaza sont disposés à faire des concessions. Le 31 mai dernier, un officier supérieur de Tsahal, parlant sous couvert de l'anonymat, avait recommandé d'envisager sérieusement les conditions d'une entente avec le Hamas, justement pour désamorcer la crise de Gaza et permettre à la défense israélienne de se concentrer sur l'Iran et le front syrien.


La Bande de Gaza est aussi devenu un terrain intéressant pour l’Iran


Le problème est que la Bande de Gaza est aussi devenu un terrain intéressant pour l'Iran. Il y détient une organisation entièrement à ses ordres : le Jihad Islamique, qui a d'ailleurs revendiqué une large part des tirs contre l'ouest du Néguev. Le Hamas lui aussi courtise Téhéran, depuis que ses soutiens arabes traditionnels lui font défaut. C'est d'ailleurs depuis la capitale iranienne qu'un représentant du Hamas menaçait il y a quelques jours de tirer « des centaines de missiles contre Israël » si Tsahal devait poursuivre ses frappes. C'est encore l'Iran qui se sert de Gaza, quand le mouvement islamiste annonce que sa prochaine « marche du million » a été fixée au 8 juin, dernier vendredi du Ramadan et proclamé par l'Iran « journée mondiale pour Jérusalem ».

Dans tous les cas de figure, c'est donc le Hamas qui garde la main, un peu plus de deux mois après le début de sa campagne contre Israël, que ce soit en instrumentalisant sa population, en acceptant, avant de la rompre, la trêve obtenue par la médiation de l'Egypte, ou en laissant les organisations prétendument incontrôlées rouvrir le feu contre Israël. Pourtant, que ses messages soient de détresse ou de menace, il ne pourra encore très longtemps jouer avec le feu.

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