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19 Juillet 2018 | 7, Av 5778 | Mise à jour le 18/07/2018 à 18h05

21 Juillet - Chabat Dévarim - Chabbat 'Hazon : 21h26 - 22h44

Rubrique Judaïsme

Parachat ’Houkath : Une nouvelle vie

Vache rousse dont les cendres mélangées avec de l’eau servaient à la purification d’un individu. (FLICKR.)

Pour comprendre la Torah dans sa plénitude, on ne peut se contenter d’une lecture littérale. Bien que celle-ci soit vraie, il faut aussi l’appréhender telle qu’elle est perçue dans son essence profonde. Notre paracha nous fournit un exemple lumineux de ce principe, avec la loi de la vache rousse dont le rituel devait permettre de purifier celui qui avait eu un contact direct ou indirect avec un mort. La mort est, en effet, une impureté dont il faut se débarrasser si l’on doit pénétrer dans le Temple. Toutefois, certains commentateurs précisent que cette mort va bien au-delà d’un statut strictement biologique. Il arrive parfois que le mort, évoqué ici, soit bien vivant...

La parachath ’Houkath consacre tout son premier chapitre à la mitzva la plus irrationnelle du judaïsme : celle de la vache rousse. Ce commandement avait, pour raison d’être, la purification d’un individu qui avait eu un contact direct ou indirect avec un mort. Pour cela, il devait être aspergé de quelques gouttes provenant du mélange de cendres d’une vache rousse avec de l’eau. Le Midrash rabba rapporte que lorsque D.ieu enseigna à Moché le concept de l’impureté de la mort, Moché fut saisi par la peur. Le texte nous dit que son visage devint « écarlate » ! Il ne retrouva sa sérénité que lorsque D.ieu lui apprit que la loi de la vache rousse pouvait effacer cette impureté.


Devenir impur

Un second détail de cette loi nous interpelle quant à son caractère irrationnel : l’homme qui s’occupait de recueillir les cendres de purification devenait à son tour impur ! Il est vrai que son impureté ne durait que jusqu’au soir alors que l’homme qui avait eu un contact avec un mort devait se purifier durant sept jours. Néanmoins ce détail est étonnant : comment celui qui purifie son prochain, peut-il devenir impur ? Enfin, le texte de la paracha rapporte que la vache était égorgée à l’extérieur du camp, à la différence de tous les autres sacrifices qui étaient effectués à l’intérieur du Sanctuaire.


Reconstruire le lien

Il est évident que cette loi dépasse l’entendement mais malgré son caractère hermétique, il est possible d’y déceler une portée morale qui orientera notre existence dans le sens du Bien. La mort ici, peut être comprise dans sa dimension spirituelle. La pratique des mitzvot et l’étude de la Torah constituent la vie véritable d’un Juif. S’il se détache d’elles, ne serait-ce qu’un instant, il est « dévitalisé ». Il est comme mort, coupé de D.ieu, racine de sa vie. Et quand on rencontre un Juif ayant perdu son lien avec D.ieu, on doit réagir comme Moché qui fut réellement paniqué devant ce constat. Sa rupture avec le judaïsme ne peut nous laisser indifférent. Il faut reconstruire son lien avec D.ieu. Mais on ne peut s’arrêter à ce constat. Il faut agir, le purifier, grâce à l’étude de la Torah, pour lui permettre de pouvoir rentrer dans le Temple (du judaïsme). Toutefois cette action ne peut se décliner sur un mode d’engagement tranquille. Il faut être prêt à s’engager pour lui au-delà de notre confort personnel, au point même de « se rendre impur », c'est-à-dire être prêt à mettre de côté notre argent, notre santé, notre temps ou l’intérêt que l’on porte aux plaisirs du monde. Il faut en quelque sorte sortir de soi, de ses limites, se projeter à l’extérieur de soi. Comme nous l’apprend, allusivement, la vache qui était sacrifiée « à l’extérieur » du camp de la sainteté. Pour que ce Juif éloigné puisse retourner à l’intérieur du camp.

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