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23 Juin 2018 | 10, Tammuz 5778 | Mise à jour le 21/06/2018 à 11h38

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Iran: pour Le Drian, il est « toujours dangereux de flirter avec les lignes rouges »

Jean-Yves Le Drian, le 26 mars, à Jérusalem (Flash 90).

Le ministre des affaires étrangères français a réagi à la décision iranienne d’augmenter sa capacité d’enrichissement de l’uranium.

Invité d’Europe 1 ce matin, le ministère des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a mis en garde après l’annonce mardi de la décision iranienne d’augmenter sa capacité d’enrichissement de l’uranium. Une décision « malvenue » mais qui demeure « dans le cadre de l’accord de Vienne ». Après la notification, lundi, par Téhéran à l’Agence internationale de l’énergie atomique de la prochaine accélération de son programme, le vice-président iranien, Ali Akbar Salehi, avait assuré que l’action iranienne « ne viol[ait] pas l’accord » signé en 2015. Il est « toujours dangereux de flirter avec les lignes rouges », a néanmoins averti M. Le Drian.

 Alors que les puissances européennes signataires du JCPOA (France, Grande-Bretagne, Allemagne) tentent de sauver l’« Iran Deal » après le retrait américain, annoncé le 8 mai par Donald Trump, le régime iranien tente de faire monter les enchères pour convaincre l’UE de ne pas céder aux pressions américaines sur leurs entreprises.


 « Aujourd'hui l'accord n'est pas rompu et l'Iran respecte totalement ses engagements »

La notification adressée à l’AIEA indique la volonté iranienne de faire croître sa production de gaz UF6 (hexaflorure d’uranium) pour le destiner aux centrifugeuses IR-8 dites de nouvelle génération, capables d’enrichir le combustible vingt fois plus vite que le précédent modèle. Fin mai, le porte parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique avait menacé de produire « en deux ou trois jours de l’uranium enrichi à 20% ».

Pour le chef de la diplomatie française, « si on passe à une étape supérieure, oui l'accord serait rompu. Mais il faut que les Iraniens se rendent compte que s'ils rompent l'accord, alors ils s'exposent à de nouvelles sanctions et les Européens ne pourront pas rester inertes ».

« Je comprends que cela fasse débat en Iran. (Mais) il faut savoir raison garder et rester très fidèle à l'accord », a ajouté M. Le Drian. « Aujourd'hui l'accord n'est pas rompu et l'Iran respecte totalement ses engagements ».


Convergences franco-israéliennes sur la présence iranienne en Syrie

Mardi, un entretien d’une heure et demie s’est tenu à l’Elysée entre Emmanuel Macron et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, à l’occasion du lancement de la Saison croisée France-Israël. Lors de la conférence de presse commune, les deux dirigeants ont exprimé une vision assez proche de la situation en Syrie, où la présence iranienne au sol risque d’accroître la déstabilisation dans la région. « Mon intérêt (…) est d'arrêter  l'agression  de l'Iran  dans la région », déclarait mardi M. Netanyahou, qui rejoignait aujourd'hui la Grande-Bretagne pour rencontrer la première ministre Theresa May.

« Les deux théâtres [la crise syrienne, et le dossier nucléaire iranien, NDR] sont en train de fusionner », a averti M. Le Drian. « La preuve, Israël a frappé des postes avancés iraniens en Syrie. C'est une question qui devient très dangereuse ».

Selon la 10e chaine  israélienne, Jérusalem aurait transmis  ces deniers semaines un message à  Paris destiné  à  l'Iran, après les frappes israéliennes  contre des cibles iraniennes en Syrie.

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