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23 Juin 2018 | 10, Tammuz 5778 | Mise à jour le 21/06/2018 à 11h38

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Présence iranienne en Syrie : ce que change l'accord entre Russes et Israéliens

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman et son homologue russe Sergey Shoygu. (Flash90.)

Les dirigeants de Moscou et Jérusalem seraient d'accord sur un départ des forces iraniennes et leurs alliés de la frontière nord.

Différentes informations provenant de sources variées semblent indiquer qu'Israéliens et Russes sont parvenus à un accord sur le retrait des forces iraniennes de la frontière israélo-syrienne sur le Golan. Malgré les progrès intervenus dans les négociations, de nombreuses difficultés subsistent concernant le départ des forces étrangères – autres que les Russes – de Syrie. 

Le 30 mai, l'organisation syrienne des droits de l'homme indiquait que les forces du Hezbollah et de la République islamique s'apprêtaient à se retirer de la zone proche de la frontière avec Israël. Par ailleurs, le journal A-Shark el-Awsat, publié à Londres, annonçait le 1er juin qu'Israël et la Russie étaient parvenus à un accord dans le cadre duquel les troupes iraniennes et leurs alliés se retireraient du Sud de la Syrie et verraient leur présence limitée sur l'ensemble du territoire de ce pays. 

Enfin, le 2 juin, le représentant russe aux Nations unies, Vassily Nebenzia, confirmait la conclusion d'un tel arrangement : « D'après ce que j'ai compris, on est parvenu à un accord. Je ne peux pas vous dire si cet accord est déjà mis en œuvre sur le terrain mais les parties concernées par cet arrangement son très satisfaites de ce qu'elles ont obtenu », a-t-il déclaré aux journalistes qui l'interrogeaient. 

Cet accord aurait été finalisé au cours de l'entretien que le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a eu le 30 mai à Moscou avec son homologue russe, Sergueï Choïgou, et lors d'une conversation téléphonique entre Binyamin Netanyahou et Vladimir Poutine, le 31 mai. 

Ces deux axes de négociation correspondent à deux problématiques différentes mais étroitement liées. La première est liée à la volonté russe de permettre à l'armée syrienne de reprendre le contrôle des zones du sud du pays depuis la ligne de cessez-le-feu avec Israël (1973) jusqu'à la frontière jordanienne. Cette question a été au centre des discussions entre M. Lieberman et son homologue russe. 


Opposition des Jordaniens

M. Netanyahou mène, quant à lui, face à Vladimir Poutine, les négociations stratégiques liées à la présence iranienne en Syrie. Les forces chiites se replieront dans un premier temps à 60 ou 70 kilomètres du Golan israélien. Israël souhaite le retrait des forces iraniennes et des milices chiites de tout le territoire syrien mais c'est une exigence que les Russes ne sont pas disposés à satisfaire avant que le régime d'Assad ait repris le contrôle du sud du pays et se soit renforcé.

Le président syrien a déclaré qu'il n'y avait pas de troupes iraniennes dans son pays mais seulement des conseillers militaires dont il ne souhaitait nullement le départ. 

Selon les services de renseignements israéliens, il y aurait en Syrie 2 000 officiers et conseillers iraniens appartenant au corps des Gardiens de la Révolution, 9 000 membres de milices chiites d'Afghanistan, du Pakistan et d'Irak et 7 000 combattants du Hezbollah. 

La reprise en main du sud du pays par l'armée syrienne se heurte encore pour le moment à l'opposition des Jordaniens et des Américains et les Russes devront négocier avec eux les conditions de cette « reconquête ».   

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