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10 Décembre 2018 | 2, Tevet 5779 | Mise à jour le 10/12/2018 à 06h21

Rubrique Communauté

Ruth Ouazana & Michaël Barer : « La lutte contre les préjugés est un travail de longue haleine »

Ruth Ouazana et Michaël Barer (DR)

Rencontre avec Ruth Ouazana, fondatrice de Limoud-France, et Michaël Barer, ancien cadre du DEJJ et formateur qui, dans leur association « Les racines de demain », promeuvent le dialogue interculturel et luttent contre les préjugés en milieu scolaire.

Actualité juive: Vous avez fondé « Les racines de demain » à l’automne 2017. Quels sont les objectifs de cette association ?
Ruth Ouazana :
« Les racines de demain » a pour objectif de déconstruire les préjugés, notamment antisémites, en milieu scolaire, de former au dialogue interculturel et de proposer des voyages pour favoriser le dialogue citoyen  et la meilleure connaissance des identités. Elle s’inscrit dans le prolongement du projet « Comprendre le judaïsme » lancé il y a huit ans par Michaël dans la région lyonnaise qui consiste en des visites de synagogues et des interventions dans les écoles sur la connaissance des religions, en particulier du judaïsme et du fait religieux. Nous travaillons principalement sur la région Rhône-Alpes mais nous avons vocation à nous élargir partout en France.

A.J.: Comment se passe une intervention en milieu scolaire, et quels clichés entendez-vous le plus souvent ?
R.O.
: Nous commençons par une invitation à la synagogue. En quelques heures, nous balayons tout ce qui concerne les symboles et l’histoire juive et opérons ensuite un travail de suivi dans les écoles sur un thème donné, parfois dans des discussions à trois voix avec d’autres religions. Ce qu’on entend le plus dans les classes sont les clichés sur les juifs et l’argent. C’est un véritable travail de défrichage. On démonte ce cliché en reprenant de façon globale et apaisée l’histoire des Juifs depuis le Moyen-Age en rappelant les métiers qui leur étaient interdits d’exercer. On y va sans tabou, et ça marche.

A.J.: Vous arrive-t-il de rencontrer des réticences, à la synagogue ou dans les écoles ?
Michaël Barer :
Bien sûr, c’est un travail de longue haleine. Quand des jeunes refusent de se coiffer d’une kippa à la synagogue, on leur explique mais on n’insiste pas. On préfère qu’ils nous écoutent et ils écoutent : des digues sautent. On s’efforce d’avoir toujours une attitude empathique parce qu’on sait que ce qu’on leur dit vient s’ajouter à tout ce qu’ils ont déjà entendu et lu dans leur environnement et leurs familles. C’est en ouvrant les portes et pas en les fermant qu’on retient leur attention.

A.J.: Les théories du complot sont-elles aussi vives ?
M.B. :
C’est une problématique réelle. Nous insistons alors sur les différences entre les savoirs et les croyances. En matière de fait religieux, les enfants ont soit de bonnes connaissances, soit des connaissances partielles ou tronquées. Notre travail consiste à transmettre de façon raisonnée des référentiels qui s’inscrivent à la fois dans l’histoire et la citoyenneté. Nous nous inspirons en cela du rapport Debré sur l’enseignement du fait religieux qui fait référence.

(1) Renseignements : 06.60.85.07.13./lesracinesdedemain@gmail.com

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