Default profile photo

22 Octobre 2018 | 13, Heshvan 5779 | Mise à jour le 22/10/2018 à 11h56

Rubrique France/Politique

Un syndicat de copropriétaires exige le retrait d'une mezouza avant de se raviser

Le syndicat a rapidement réagi suite à la colère exprimée notamment sur les réseaux sociaux (Flash 90)

Cette demande formulée à une famille juive de Montpellier avait suscité une vague d'indignations ces derniers jours.

C’est une demande d’une société de syndicat de copropriétaires qui a mis le feu au poudre. Installée à Montpellier, la société Foncière Bergé a en charge la gestion d’un complexe d’appartements dans le cadre de laquelle sont organisées des inspections plus ou moins régulières. C’est à la suite de l’une d’entre elles, le 5 juillet, qu’un courrier est adressé par une des employées gestionnaires de l’entreprise à la famille Saada.

« Lors de cette visite Il a été constaté un (sic) Mezouzah sur votre chambrant (sic) de porte », peut-on y lire.
« Nous vous rappelons qu’aucun objet personnel ne peut figurer dans les parties communes et nous vous demandons de placer la mezouza dans votre appartement. Comptant sur votre compréhension ».

Diffusée sur les réseaux sociaux, la demande crée une vague d’indignation.

« C’est vrai qu’une #mezouza encombre bcp les parties communes. Et puis ça émet sûrement des ondes. », commente Dominique K.
« Est-ce que l’épaisseur d’un linteau est considéré comme appartenant à l’intérieur de la maison ou aux parties communes ? Un avocat ici? », s’interroge le rabbin Mendel Semama. « On peut pas monter un collectif de défense pour cette dame? Après on lui offre une #Mezouza comme ça »
« Le jour où je dois retirer la mezouza de ma porte d'entrée, je quitte la France », assure pour sa part Elisabeth Rodrigues Pereira.

 

Sur leur site internet, le Crif indique que sa représentante à Montpellier, Perla Danan, a contacté la direction du syndicat ainsi que la famille visée par la demande.

Gênée par la polémique, Foncière Bergé s’est rapidement ravisée, adressant un courrier d’excuse à la famille Saada.

« Je reste très triste de la maladresse que j’ai commise », écrit Fabienne B. « Je ne savais absolument pas que la Mézouzah devait être placée à l’entrée de la maison et qu’elle ne pouvait être déplacée ailleurs dans l’habitation. […] Par la présente et aujourd’hui après compréhension de la symbolique de la Mézouzah, nous comprenons qu’elle doit rester installée à l’entrée  de votre appartement et vous confirmons n’y voir aucune objection ».

Dans une autre réponse faisant suite à un courrier de protestation, le syndicat a exposé le contexte de sa demande initiale.

« Le 6 juillet 2018, plusieurs courriers ont été envoyés à différents locataires :
Un courrier pour l’enlèvement d’objets visibles, réception par les locataires le 9 juillet 2018
Un courrier pour dégradations d’une porte, réception par les locataires le 9 juillet 2018
Notre mandant nous a demandé d’homogénéiser les parties communes et notamment les portes palières.
Notre gestionnaire, dans le cadre de sa mission, a répondu aux attentes de son bailleur.
La méconnaissance de ce symbole et l’importance de sa symbolique pour les locataires que vous soutenez a fait l’objet d’une incompréhension et d’une mauvaise interprétation qui est l’origine d’une vague de haine contre la signataire du courrier et notre société.
Notre gestionnaire a adressé un courrier ce soir à 21h30 revenant sur la demande et de surcroit formulant des excuses aux locataires ».

 

La direction regrette néanmoins l’emballement sur les réseaux sociaux et…le manque de communication des locataires visés.

« Cependant, ces locataires auraient pu nous contacter directement afin de nous exprimer la raison pour laquelle elles ne voulaient pas déplacer cet objet chargé d’une symbolique particulière que nous ne connaissions pas.
Au lieu de nous contacter pour nous expliquer leur position que nous aurions compris et accepté, elles ont manifestement diffusé notre courrier à un nombre incalculable de personnes qui signalent publiquement que notre société et son personnel sont antisémites.
Nous recevons depuis des heures injures y compris des menaces de mort ce qui nous conduit d’ailleurs à déposer plaintes pour ces derniers faits.
Au-delà du côté outrancier et totalement injuste, ces accusations nous blessent profondément car nous avons pour éthique de respecter la vie privée et les croyances religieuses. Nous avons à cœur de combattre toutes discriminations au quotidien.
Nous finirons sur ces mots, nous sommes tellement choqués par cette situation que l’équipe au complet est toujours à cette heure mobiliser pour vous répondre. »

Powered by Edreams Factory