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21 Octobre 2018 | 12, Heshvan 5779 | Mise à jour le 17/10/2018 à 18h03

Rubrique France/Politique

Prison ferme pour les agresseurs d’un couple à Créteil

(DR)

Trois ans après des faits qui avaient provoqué une forte indignation, la justice a reconnu la circonstance aggravante d’antisémitisme.

8, 13 et 16 ans de réclusion criminelle. Le verdict prononcé vendredi 6 juillet par le président de la cour d’assises du Val-de-Marne, Franck Zientara, - celui-là même qui, ironie du sort, avait en charge, il y a quelques mois, le procès Merah - est venu conclure dix jours de procès où le récit des faits examinés a souvent été insoutenable pour l’oreille des suiveurs. On est loin pourtant du calvaire vécu par Jonathan B. et Laurine C., couple sans histoire confronté à l’horreur de l’antisémitisme dans ce qu’il a de plus abject. La justice peut-elle réparer ces vivants ? Le couple, lui, n’a pas résisté à cet après-midi d’horreur du 1e décembre 2014. « On ne savait pas trop comment se parler, en fait », expliquait pudiquement le jeune homme devant la cour. Ancien gendarme à la carrure imposante, Jonathan B. a entamé une nouvelle carrière professionnelle ; il est désormais chauffeur de VTC. Laurine C., 19 ans au moment des faits, a choisi pour sa part de retourner sur ses terres de Normandie, loin du département où elle a bien failli mourir. 

« On viole parce qu’on punit, parce qu’on n’a pas trouvé assez de fric, parce que les juifs finalement, ça n’en a pas tant que ça », analysait l’avocat général avant de requérir 10 ans de prison pour Abdou Salam Koita, 15 ans au minimum pour Ladje Haidara et 20 ans pour Houssame Hatri, en fuite probablement en Algérie. Les trois hommes poursuivis pour séquestration, extorsion, violences aggravées, association de malfaiteurs et viol pour le seul Haidara écoperont finalement de peines moins lourdes. Deux complices seront également condamnés à des peines de cinq et six ans de prison. 


Récit des faits insoutenable

« Dis-moi où est l’argent sinon je te bute […] », avait lancé l’un des agresseurs à Jonathan B., sitôt ouverte la porte de l’appartement de ses parents dans le quartier de la Pointe du Lac. « On sait que ton père est juif et que vous avez de l’argent ! ». Un temps remise en cause par le juge d’instruction, la circonstance aggravante d’antisémitisme a été reconnue par le tribunal. Les déclarations des prévenus et leur mode opératoire, jetant à terre les phylactères et la mezouza de la famille, ont fini de convaincre les jurés, malgré les vaines tentatives de l’une des avocates de la défense, maître Marie Dosé, invoquant « l’ignorance crasse » plutôt que la haine anti-juive. « Vous n’êtes pas accusé d’antisémitisme, Monsieur. Ce n’est pas un procès idéologique », avait résumé maître David Kaminski, avocat des parties civiles avec Patrick Klugman, devant Ladje Haidara. « Vous êtes accusé d’avoir choisi vos cibles parce que juives ».

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