Default profile photo

19 Juillet 2018 | 7, Av 5778 | Mise à jour le 18/07/2018 à 18h05

21 Juillet - Chabat Dévarim - Chabbat 'Hazon : 21h26 - 22h44

Rubrique Israël

Stopper la Syrie

Tanks israéliens positionnés à la frontière syrienne. (Flash90.)

L'avancée des troupes d'Assad vers le Golan préoccupe Israël, qui a besoin de la Russie pour tenir l'Iran à distance.

La Syrie annonçait le 6 juillet avoir conclu avec les rebelles de la région de Deraa, par l'intermédiaire des Russes, un accord de cessez-le-feu en échange de leur reddition. Même si les combats se sont poursuivis au cours du week-end, l'armée d'Assad a largement repris la zone proche de la frontière jordanienne, dont la position stratégique de Nassib, qui contrôle le passage vers le royaume hachémite. Le dictateur syrien a déjà commencé à s'attaquer à l'autre poche rebelle du district de Quneitra, qui borde la frontière israélienne. 

Le 6 juillet, Tsahal a riposté au tir depuis une position syrienne d'un obus de mortier, tombé dans la zone démilitarisée qui sépare les deux pays. « Israël n'est pas concerné par la guerre intérieure en Syrie, mais l'armée continuera à veiller au respect de l'accord de 1974 » avertissait le porte-parole de l'armée israélienne. L'accord de désengagement, conclu sous l'égide de l'Onu, établissait une zone tampon entre les deux pays, en faisant la frontière la plus calme, en tout cas jusqu'à l'éruption de la guerre civile en 2011. 

Si aujourd'hui, Israël accepte le fait, comme cela semble être le cas, que Bashar al Assad soit en passe de mater le conflit intérieur, il refuse en revanche que cela modifie la situation sur sa frontière. Pas question que les troupes syriennes régulières profitent de leur avancée pour pénétrer dans la zone tampon. Pas question non plus de laisser l'Iran s'infiltrer sur le Golan syrien. Si Assad remporte victoire sur victoire, ce n'est pas seulement grâce à l'aide militaire des Russes. C'est aussi parce que l'Iran a intégré à la tête de l'armée syrienne des officiers des Gardiens de la Révolution et lui fournit le soutien de ses milices chiites, dont le Hezbollah. Une telle présence iranienne est inacceptable pour Israël, qui l'a déjà fait savoir, y compris militairement. Dans la nuit du 9 juillet, une nouvelle frappe contre la base T-4, proche de Homs, était attribuée à Israël.


Les Russes ne semblent plus aussi pressés de voir les Iraniens sortir de Syrie

Or, les Russes ne semblent plus aussi pressés de voir les Iraniens sortir de Syrie. « Un retrait complet de l'Iran de Syrie est totalement irréaliste », a affirmé il y a quelques jours le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Pourtant, Moscou serait disposé à négocier avec Téhéran un retrait à quelque 60 kilomètres de la frontière d'Israël, en échange d'un corridor terrestre en Syrie. Jérusalem exigera des garanties russes que les Iraniens ne s'approcheront pas et qu'ils ne consolideront pas non plus leur présence en Syrie en vue d'une attaque contre Israël. Le sujet devait être au centre du nouvel entretien le 11 juillet à Moscou, entre Vladimir Poutine et Binyamin Netanyahou, qui devait également insister sur le maintien de la liberté d'action de Tsahal en Syrie. Le chef du gouvernement israélien escompte aussi qu'Assad saura contenir son allié iranien, car il ne tient pas à être entraîné dans un conflit ouvert avec Israël, alors qu'il n'a pas encore reconquis tout son territoire après 7 années de guerre.

En attendant, Israël poursuit son aide humanitaire aux civils syriens. Les quelque 300 000 déplacés de Deraa ont commencé à regagner leurs maisons. Mais le flux devrait reprendre avec les combats qui vont toucher Quneitra.

Powered by Edreams Factory