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22 Octobre 2018 | 13, Heshvan 5779 | Mise à jour le 22/10/2018 à 11h56

Rubrique Israël

Gaza : Israël perd patience

Les soldats israéliens s’activent pour éteindre les feux (Flash90.)

Alors que l'ouest du Néguev subit depuis plus de cent jours les incendies terroristes, Israël ferme le terminal de marchandises de Kerem Shalom. Un pari pour faire cesser le racket du Hamas.

Le seul point de passage entre Israël et la Bande de Gaza pour les marchandises n'est plus ouvert que pour les produits alimentaires et médicaux. Ainsi en ont décidé le 9 juillet le chef du gouvernement israélien et son ministre de la Défense. « Nous ne cherchons ni la confrontation ni l'aventure militaire, mais la situation s'aggrave à cause du Hamas et il risque de payer un prix bien plus lourd que pendant Bordure Protectrice », a averti Avigdor Lieberman, en faisant référence à la confrontation de 2014. Le mouvement islamiste de son côté, crie au « crime contre l'humanité » et assure qu'il ne se laissera pas impressionner.

Depuis le début de la campagne du Hamas à la fin du mois de mars, on a recensé près de 900 incendies terroristes, qui ont détruit une surface équivalente à la ville de Netanya. On compte désormais une trentaine de feux par jour en moyenne. Les cerfs-volants des premières semaines ont fait place aux ballons incendiaires, de plus en plus efficaces. Le 8 juillet, un de ces engins a parcouru la distance record de 35 kilomètres, jusqu'au mochav Shekef, à la frontière de la Judée. Le ministère de l'Environnement commence à se préoccuper des effets des incendies sur la pollution de l'air et a entrepris de mesurer le niveau de microparticules, pour donner des consignes aux personnes fragiles ou souffrant de problèmes respiratoires. Les émeutes sur la barrière de sécurité n'ont plus l'ampleur du début, mais le Hamas veille toujours à envoyer quelques centaines de personnes chaque vendredi, face aux soldats de Tsahal. Un Palestinien aurait été tué le 6 juillet en tentant de forcer la clôture. 


Une trentaine de feu par jour

Dans le même temps, différents médiateurs, d'Egypte, d'Allemagne, de l'Onu ou du Qatar, tentent de calmer la situation en proposant des solutions humanitaires. L'émissaire du Qatar à Gaza, Muhammad Al Amadi, assume cette fonction depuis trois ans. Dans un entretien à la télévision publique israélienne, il a révélé une des offres qu'il a transmises à Israël : 5000 permis de travail en Israël pour des Palestiniens de Gaza, en échange d'un arrêt des incendies terroristes et des émeutes sur la barrière. En revanche, précise le diplomate qatari, le Hamas rejette tout plan d'infrastructure pour Gaza dont la contrepartie serait la libération des deux Israéliens disparus et la restitution des corps des deux soldats de Tsahal tués en 2014. « Les prisonniers seront échangés contre des prisonniers, un point c'est tout », martèle Al Amadi, qui rappelle que le Hamas exige toujours la libération des terroristes relâchés par Israël contre le retour de Gilad Shalit, et dont plusieurs centaines avaient été de nouveau arrêtés en 2014. 

Le Hamas ne négociera pas de trêve avant d'avoir fait libérer ses terroristes. Israël ne discutera d'aucun projet d'infrastructure pour Gaza sans le retour de ses captifs. « Si le Hamas veut commencer petit, qu'il commence par nous rendre nos civils et nos soldats », insiste le ministre israélien de la Défense. La confiance est donc au plus bas entre les deux camps. Israël espère que la fermeture de Kerem Shalom persuadera le Hamas de préférer la négociation à la confrontation. 

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