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19 Décembre 2018 | 11, Tevet 5779 | Mise à jour le 18/12/2018 à 23h36

Rubrique France/Politique

Ils font leur première rentrée en école juive

(flash90.)

Chacune année, de nouvelles familles font le choix de l’école juive. Quelles sont les grandes motivations de ces changements d’établissement ? Témoignages.

Même si les enfants qui entrent en école juive pour la première fois sont un peu moins nombreux qu’il y a quelques années, cette tendance continue d’être très importante. D’ailleurs, les directeurs des écoles juives constatent que les effectifs se stabilisent dorénavant : les départs dus à des Alyah sont bien souvent compensés par des arrivées d’enfants qui viennent d’écoles publiques. Ainsi, aidé par l’association Choisir l’école juive, Mme Turgeman a décidé que son fils Aaron ferait sa rentrée en classe de 6ème à l’Alliance des Pavillons-Sous-Bois alors que, jusque-là, son fils étudiait à l’école primaire La Pépinière de Bry-sur-Marne. Sa première motivation porte sur la nécessité de prodiguer un enseignement juif à son fils : « Avec la Bar Mitzva qui approche, je trouve important que mon fils prenne des cours de Kodesh ». Mais Mme Tugerman nous explique aussi vouloir que son fils échappe aux tensions antisémites : « Même si les enfants sont encore petits, Aaron avait droit à des réflexions inappropriées de certains camarades. Nous avons même été obligés de faire intervenir la direction ». Au-delà, la scolarisation en école publique n’est pas toujours idéale. Pratiquante, Mme Turgeman raconte qu’elle pouvait se heurter à des difficultés pour faire rater l’école à son fils lors des fêtes : « Il fallait un peu les supplier. Au moins, avec une école juive, le calendrier sera plus pratique ». De son côté, Nissim Obédia a inscrit son fils Noa à l’ORT de Montreuil pour faire sa Première Gestion-Administration. En Seconde, il poursuivait sa scolarité dans une école privée catholique (sous contrat d’association avec l’Etat) qui, selon lui, n’en a pas fait assez pour lutter contre l’antisémitisme de certains élèves : « Mon fils a dû faire face à des remarques antisémites toute l’année.


« Des réflexions inappropriées »


A chaque tension au Proche-Orient, il était accusé de tuer des Palestiniens. J’ai alerté la direction qui a préféré se réfugier dans le déni. Nous avons décidé de partir ». Par ailleurs, la question du transport se pose dans le cas de nos deux familles. Mme Tugerman a choisi d’embaucher un chauffeur (avec d’autres parents) pour qu’Aaron se rende à Pavillons Sous-Bois. Plus grand, Noa, prendra le métro pour la première fois : « Il ne sera plus à côté de la maison. C’est la première fois que cela lui arrive. Il aura tout de même au moins deux heures de transport en commun chaque jour ». Reste la question financière car une école juive est payante. Mme Tugerman explique que ces dépenses supplémentaires (écolage et transport) ne sont pas négligeables mais « nous sommes prêts à ces efforts financiers ; et s’il le faut, nous ferons des restrictions ailleurs ». M. Obédia, lui, est moins concerné : « L’ORT va sensiblement coûter le même prix que l’école précédente de Noa. Mais il va falloir acheter la carte Imagine R. » Il ne nous reste plus qu’à souhaiter une bonne rentrée à Aaron et Noa.

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